Carrie débarquera le 7 octobre 2026 sur Prime Video, dans plus de 240 pays. Mike Flanagan y adapte le tout premier roman de Stephen King, avec une idée assez claire en tête : revenir à un classique sans le rejouer à l’identique, le replacer dans le présent, ouvrir un peu plus son monde et retrouver ce dosage d’horreur, d’émotion et d’attention aux personnages qui distingue les meilleures adaptations de King.
Vu comme ça, l’ambition est grande. Mais elle n’a rien de déraisonnable. Mike Flanagan s’est installé, au fil des années, comme l’un des noms les plus sûrs de l’horreur contemporaine, autant pour sa façon de faire vivre le drame que pour son sens très net de l’épouvante.
Et son parcours, The Life of Chuck compris, dit surtout autre chose : Flanagan a saisi ce ton si particulier chez Stephen King. Oui, il y a du fantastique, parfois du monstrueux, mais chez King tout tient d’abord à l’humain. C’est là que Carrie peut aller plus loin que 11.22.63, souvent vue jusqu’ici comme l’adaptation télé la plus réussie de l’auteur.
Diffusée en 2016 sous la forme d’une mini-série de huit épisodes, 11.22.63, portée par James Franco, avait réussi quelque chose de délicat : prendre un roman très intérieur, très centré sur ses personnages, et en faire une série dramatique ambitieuse sans le trahir. Si la mini-série fonctionnait aussi bien, c’était grâce au jeu sincère de James Franco, à une reconstitution d’époque solide, mais aussi à une mise en scène assez discrète pour que ses éléments surnaturels paraissent presque naturels.
Même Lee Harvey Oswald y existait sans tomber dans la caricature. Au final, cela donnait une adaptation élégante, accessible, et plus émouvante qu’on aurait pu l’attendre.
L’endroit où Mike Flanagan peut vraiment imposer sa marque, c’est dans cette envie d’actualiser Carrie. Prime Video explique que cette adaptation du premier roman de Stephen King intégrera le harcèlement sur les réseaux sociaux, ainsi que cette humiliation publique qui devient virale en quelques minutes.
L’idée, franchement, colle très bien à l’histoire de cette adolescente mise à l’écart et dotée de pouvoirs télékinésiques. Le roman parlait déjà d’humiliation, d’isolement, de violence sociale. Le transposer à l’époque des smartphones, des vidéos partagées partout et de l’exposition permanente peut lui donner un écho neuf.
Prime Video annonce Summer H. Howell dans le rôle de Carrie, Samantha Sloyan dans celui de Margaret White, et Matthew Lillard en proviseur. Autre bon signe, Stephen King lui-même a soutenu le projet publiquement. Il l’a qualifié de « brillant » et a salué sa lecture des réseaux sociaux, jugée « choquante et vraie ».
Rien n’est gagné pour autant. Les premières réactions restent partagées : certains critiques voient dans cette version un vrai regard neuf sur l’histoire, quand d’autres sont plus prudents face aux libertés prises avec le roman.
Plus étrange encore, ces réserves cohabitent avec une ovation de quatre minutes à Fantastic Fest. Mike Flanagan a aussi parlé d’un plan pensé sur trois saisons, ce qui laisse entrevoir un développement bien plus large de l’intrigue d’origine. Si cette ampleur reste tenue de bout en bout, Carrie pourrait faire plus qu’ajouter une adaptation correcte de plus à la pile. Elle pourrait devenir la série Stephen King que la télévision attendait pour succéder à 11.22.63.