Aujourd’hui encore, ChatGPT ne permet pas de transférer officiellement sa mémoire vers Claude, Gemini ou n’importe quelle autre plateforme. C’est ce qui ressort de la documentation d’OpenAI et des réglages proposés par le service. Pourtant, pour ceux qui pensent à changer de chatbot, la question devient très concrète. ChatGPT reste l’un des noms les plus populaires du secteur, mais Gemini, chez Google, et Claude, chez Anthropic, grappillent du terrain sur un marché qui, d’après plusieurs études sectorielles, pourrait valoir entre 27 et 32 milliards de dollars d’ici 2030.
La réponse courte, pour l’instant, reste donc non. En tout cas, pas d’une manière simple, ni prévue officiellement. ChatGPT n’offre aucun outil dédié pour exporter sa mémoire vers un autre service ou en importer une depuis ailleurs, selon OpenAI. Dans les réglages, on peut surtout activer cette mémoire et consulter un résumé de ce que l’outil garde en tête, là encore d’après OpenAI.
Dans les faits, la principale parade consiste à récupérer ce « Memory Summary », puis à le copier-coller dans un autre chatbot. Et dans l’autre sens, si vous voulez nourrir la mémoire de ChatGPT, il faut en général lui dire directement ce qu’il doit retenir : vos préférences, votre métier, vos projets du moment, ou simplement la manière dont vous préférez qu’il vous réponde. On est loin d’un transfert propre et transparent. C’est plutôt une reconstitution à la main.
Il y a aussi un point qui embrouille souvent les utilisateurs : la mémoire d’un chatbot, ce n’est pas l’intégralité de votre historique. D’après OpenAI, il s’agit surtout d’informations persistantes, par exemple des préférences, des éléments personnels ou un contexte récurrent que l’outil a fini par apprendre au fil des échanges. Cela ne veut donc pas dire qu’il conserve chaque message envoyé. Et, dans leur état actuel, ces systèmes retiennent généralement mieux des faits simples que des choses plus fines, comme votre logique de travail ou votre façon de raisonner.
Plus étonnant, ChatGPT permet bien d’exporter les données du compte, toujours selon OpenAI. L’utilisateur peut en faire la demande, puis reçoit un lien de téléchargement par e-mail. Le problème, c’est que cet export dépasse largement la seule mémoire. On se retrouve le plus souvent avec des fichiers JSON ou HTML qui contiennent l’historique des conversations ou d’autres données du compte, pas avec un paquet net, structuré, prêt à être réimporté tel quel dans un autre service, selon OpenAI.
C’est justement là que Claude, chez Anthropic, et Gemini, chez Google, semblent avoir un coup d’avance. Leur documentation présente déjà des outils intégrés souvent décrits comme plus mûrs pour récupérer des préférences et du contexte depuis d’autres services. Pour les utilisateurs qui songent à quitter ChatGPT, cette question de portabilité commence à peser lourd. D’autant qu’au début de l’année 2026, certaines études sectorielles situaient la part de marché de ChatGPT sous la barre des 50 % sur le créneau des assistants conversationnels.
Faute de standard commun pour déplacer mémoire et historiques d’une plateforme à l’autre, tout cela reste encore assez artisanal. Il existe bien des outils tiers et des extensions de navigateur. Mais ils demandent souvent un minimum de bagage technique et ne gèrent que certaines plateformes, ou certains formats de fichiers. Au final, transférer ses données reste faisable. Fluide, beaucoup moins.
Mieux vaut d’ailleurs rester vigilant. Les données exportées peuvent contenir des informations sensibles, qu’elles soient personnelles ou professionnelles, et leur transfert vers un autre service, ou pire via un outil tiers mal vérifié, augmente le risque d’exposition. Des experts alertent aussi sur un autre problème : si ces historiques détaillés tombent entre de mauvaises mains, ils pourraient servir à monter des campagnes de manipulation ou d’ingénierie sociale bien plus crédibles. En clair, l’idée d’une mémoire portable pour les chatbots avance, oui, mais on est encore loin d’un système simple, universel et sans risque.