Donald Trump a fait une nouvelle promesse de campagne à quelques mois des élections de novembre : verser 5 000 dollars à chaque adulte américain si les républicains reprennent à la fois la Chambre des représentants et le Sénat. L’ancien président a avancé cette idée lors d’une convention républicaine de mi-mandat organisée à Dallas, au Texas. Le but est limpide : remobiliser son camp. Mais à Washington, les critiques sont tombées tout de suite, sur le coût de la mesure, l’absence de financement crédible et les obstacles constitutionnels qui se dressent sur la route.
La réaction, dans la capitale fédérale, n’a pas traîné. Quand on regarde le montant en jeu, le flou sur la manière de le financer et le cadre juridique, l’annonce de Donald Trump ressemble bien plus à une formule de meeting qu’à un dispositif réellement prêt à entrer en vigueur.
Trump promet 5 000 dollars aux Américains : combien coûterait vraiment la mesure ?
Si l’on part sur environ 240 millions d’adultes concernés, la note grimpe à 1 200 milliards de dollars. Et selon des estimations plus larges, on pourrait même dépasser les 1 350 milliards. Pour situer un peu l’ordre de grandeur, on parle d’un montant comparable aux plus grands plans budgétaires fédéraux récents, alors que le projet de budget discrétionnaire pour l’exercice 2027 s’élève, lui, à 1 860 milliards de dollars.
Autrement dit, on n’est pas sur une dépense marginale. C’est un bloc budgétaire gigantesque.
Les recettes douanières sont très loin du compte
Dans le camp Trump, certains ont laissé entendre que les droits de douane pourraient couvrir une partie de l’opération. Sur le papier, l’argument peut sembler simple. Entre janvier 2025 et juin 2026, les recettes douanières brutes ont atteint environ 284 milliards de dollars. Sauf qu’une fois déduits les remboursements imposés par des décisions de justice, les recettes nettes liées à ces droits de douane tomberaient à seulement 118 milliards de dollars.
Même si l’on affectait la totalité de cette somme au projet, il manquerait encore autour de 1 080 milliards de dollars. L’écart est tel qu’il saute aux yeux.
Impossible sans le Congrès
Même si Donald Trump voulait aller vite, il ne pourrait pas déclencher seul un paiement de cette ampleur. La Constitution américaine, via la clause des crédits budgétaires, impose qu’une dépense fédérale pareille soit autorisée par le Congrès.
Quelques alliés de Donald Trump, parmi lesquels le sénateur Bernie Moreno, ont dit être prêts à travailler sur un texte. Pour l’instant, toutefois, aucun mécanisme détaillé n’a été rendu public. Les critères précis d’éligibilité restent flous, le calendrier aussi. Nous vous tiendrons informés.
Risques juridiques, inflation et précédents
Mieux vaut donc garder une certaine réserve. Pour plusieurs spécialistes, promettre une manne financière conditionnée à une victoire électorale peut s’approcher d’une forme d’achat de voix.
D’autres y voient plutôt une promesse de campagne classique, dans la mesure où l’argent serait versé à tous les adultes éligibles, peu importe leur vote, à condition que le Congrès donne son feu vert. Sur le terrain économique, plusieurs experts mettent aussi en garde contre un possible effet inflationniste d’un chèque massif de plus de 1 000 milliards de dollars. Ils évoquent également un creusement supplémentaire des déficits, dans un contexte où la dette fédérale dépasse déjà les 40 000 milliards de dollars.
Ce d’ailleurs pas la première fois que Donald Trump avance ce genre d’idée. Il avait déjà parlé d’un « dividende tarifaire » de 2 000 dollars, puis d’un « dividende DOGE » de 5 000 dollars, sans qu’aucune de ces annonces ne débouche sur une loi. Ses partisans présentent la mesure comme un coup de pouce à la consommation. Les démocrates, eux, y voient surtout une tentative assez désespérée de capter l’attention des électeurs.
Author: Manuel Bosque
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