Pour les fans de The Expanse, Exodus, le RPG de science-fiction signé Archetype Entertainment, fait déjà partie des jeux qu’on surveille de très près. Il s’est installé, assez vite, parmi les titres les plus attendus du genre.
Ce qui a été montré jusqu’ici dessine un jeu à la narration très cinématographique, avec des choix fortement liés aux personnages et un univers de grande ampleur. À en croire les éléments présentés par Archetype Entertainment, Exodus cherche une science-fiction spectaculaire, mais tenue par des enjeux humains. Sans reprendre, au passage, ni l’esthétique ni l’univers de la série d’Amazon.
C’est là que le jeu peut vraiment trouver sa place, parce que les équivalents grand public à The Expanse ne courent pas les rues. Le projet semble jouer dans une zone assez proche, avec de l’ampleur, du sérieux, une vraie densité politique, et des décisions de joueur qui ont un poids émotionnel réel. Peu de jeux mainstream essaient aujourd’hui de faire tenir ensemble l’échelle d’un blockbuster et la complexité d’un récit spéculatif.
Parmi les points les plus intéressants, il y a sa façon d’aborder la dilatation temporelle. Comme Project Hail Mary, le roman d’Andy Weir, Exodus paraît s’appuyer, d’après Archetype Entertainment, sur des idées scientifiques assez concrètes pour alimenter directement sa dramaturgie : des relations transformées par le temps, des conséquences narratives, et la manière dont les personnages vivent eux-mêmes ce décalage temporel.
On n’est pas face à de la hard sci-fi pure et dure. L’approche paraît plus ouverte, plus accessible, avec une science qui sert autant les émotions que le spectacle. Pour un public sensible à la tension intellectuelle de Project Hail Mary autant qu’à la gravité politique de The Expanse, le mélange a de quoi attirer.
Reste qu’il faut garder un peu de réserve. Exodus ne semble pas entretenir avec le réalisme le même rapport exigeant que The Expanse.
Et puis il y a un autre détail, assez révélateur. L’univers du jeu s’autorise aussi, d’après les présentations d’Archetype Entertainment, des éléments bien plus excentriques, avec une touche franchement pulp, comme cette idée d’un compagnon poulpe capable de piloter un mécha. Le projet paraît donc moins obsédé par une cohérence scientifique absolue que par un certain dosage entre crédibilité, démesure et plaisir de jeu, sans basculer pour autant dans le simulateur austère de colonisation spatiale.
Le timing, lui, joue plutôt en sa faveur. La demande pour la science-fiction reste élevée, et le genre représenterait désormais autour de 10 à 15 % du chiffre d’affaires de la fiction.
À ce jour, aucun projet n’a été officiellement présenté comme un croisement direct entre The Expanse et Project Hail Mary. Mais 2026, elle, s’annonce chargée. Le film Project Hail Mary sortira le 20 mars 2026, avec Ryan Gosling dans le rôle de Ryland Grace, sous la direction de Phil Lord et Christopher Miller. Sa première bande-annonce aurait déjà cumulé 400 millions de vues en une semaine.
Quelques mois plus tard, Dune: Part Three arrivera le 18 décembre 2026. Le film adaptera Dune Messiah, se déroulera près de vingt ans après Dune: Part Two et suivra un Paul Atreides confronté aux conséquences de son règne, dans un registre annoncé comme plus sombre, pour une durée évoquée d’environ 2 h 20. De quoi réjouir les amateurs de sci-fi.
D’ici là, Exodus a une vraie carte à jouer : devenir ce grand rendez-vous vidéoludique de science-fiction pour celles et ceux qui cherchent un héritier, même imparfait, à l’esprit de The Expanse.
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