Chez Marvel, dès qu’il est question de force brute, le nom qui revient reste celui de Hulk, l’autre visage de Bruce Banner. Sa logique, tout le monde la connaît: plus Banner lâche prise, plus Hulk monte en puissance, jusqu’à être présenté comme un danger à l’échelle d’une planète entière, et dans Immortal Hulk d’Al Ewing, comme quelque chose qui touche presque au cosmique.
C’est aussi pour ça que ses plus grandes victoires comptent autant. Hulk ne s’est pas contenté d’écraser des colosses sans cervelle. Il a fait tomber des tyrans cosmiques, des rivaux irradiés aux rayons gamma, des créatures qu’on ne tue pas, des machines qu’on dit presque impossibles à détruire, et même des adversaires capables de tordre les règles du réel.
Du coup, quand Hulk l’emporte, on est rarement dans le simple duel de super-héros. Le cas que les fans ressortent le plus souvent reste son combat contre Thanos dans Incredible Hulk Annual 2024: Hulk prend nettement le dessus assez longtemps pour lui arracher la Pierre de l’Esprit.
D’autres moments ont laissé une vraie trace dans l’histoire du personnage. Dans World War Hulk, il arrête le Fléau. Face à Red Hulk ou à l’Abomination, il finit régulièrement par passer devant grâce à ce mécanisme très simple et très terrifiant: plus le combat dure, plus sa rage grimpe , et avec elle sa force. Et puis il y a ce détail qui en dit long. Même les protections qu’on présente comme absolues finissent parfois par céder. Dans Secret Wars, Hulk parvient à bosseler la coque d’adamantium d’Ultron. Rien que ça suffit à rappeler qu’avec lui, le mot “indestructible” devient vite relatif.
Wendigo et Bi-Beast montrent bien où se place Hulk dans cette hiérarchie. Dans The Incredible Hulk n°181, il affronte Wendigo au Québec alors qu’il est diminué par des tranquillisants. L’épisode est resté célèbre pour une autre raison aussi: c’est la toute première apparition de Wolverine dans les comics Marvel.
Hulk aide à neutraliser la créature, mais on ne peut pas vraiment parler d’une victoire nette. La malédiction de Wendigo le rend immortel: on ne supprime pas le monstre, on déplace le fardeau. Bi-Beast pose un problème d’un autre ordre. Cet androïde à deux têtes, créé par les Bird People, croise la route de Hulk dans The Incredible Hulk n°169 après avoir décidé de rayer la Terre de la carte.
Leur affrontement dévaste la Sky Island. Plus tard, les combats entre Hulk et Bi-Beast tournent presque à l’habitude, et souvent dans un seul sens. Même dans The Incredible Hulks n°632 et 633, une version améliorée qui combine Bi-Beast et Wendigo finit quand même par perdre.
Le décalage avec le Marvel Cinematic Universe saute aux yeux. Dans Avengers: Infinity War, Thanos expédie Hulk en très peu de temps pour imposer sa supériorité. Dans les comics Marvel, l’histoire racontée est tout autre, et bien plus flatteuse pour le Géant de Jade.
Et ses ennemis n’ont pas quitté l’écran. Red Hulk doit apparaître dans Captain America: Brave New World, tandis qu’Abomination a déjà refait surface dans She-Hulk: Attorney at Law. Ce que ce genre de classement laisse souvent de côté, c’est ce qui vient après, la trace qu’une défaite contre Hulk laisse dans la tête, mais aussi tout ce qui existe hors des comics américains, jusqu’au manga japonais de Hulk publié dans les années 1970 par Kazuo Koike. Une chose, en tout cas, reste claire: quand Hulk atteint le sommet de sa puissance, très peu d’adversaires restent debout bien longtemps.