Avec son épisode 2, Lanterns ne laisse presque plus de place au doute: dans la partie de l’histoire située en 2016, les Manhunters semblent bien occuper une place centrale. Tout ce que révèle cet épisode va dans le même sens. Ils ont désormais l’air d’être les grands antagonistes de cette période, et peut-être même la menace majeure de toute la première saison.
Pour une série vendue dès le départ comme un polar spatial, mais avec les pieds bien plus sur Terre qu’on aurait pu l’imaginer, le choix compte. Et pour les lecteurs de DC, il dit beaucoup de choses.
La série HBO Max, désormais rattachée au nouveau DC Universe piloté par James Gunn et Peter Safran, prend donc un morceau capital de la mythologie Green Lantern et le fait basculer du côté du thriller. Dans Lanterns, les Manhunters sont montrés comme des êtres synthétiques conçus par les Gardiens de l’Univers, un élément repris très directement des comics DC.
L’épisode 2 de Lanterns laisse aussi entendre que les Manhunters ont commis des atrocités à très grande échelle, jusqu’à rayer de la carte des espèces entières, avant de disparaître.
Le vrai choc vient pourtant d’ailleurs, de leur manière d’agir. Lanterns explique qu’ils sont assez avancés pour se construire de nouveaux corps et imiter l’espèce dominante d’une planète.
Autrement dit, les Manhunters peuvent se fondre dans la population, rester invisibles pendant des années et imposer leur propre idée de la justice sans se faire repérer. C’est d’ailleurs là que Lanterns prend ses distances avec leur image la plus classique, celle de robots reconnaissables au premier coup d’œil, pour en faire une menace d’infiltration, bien plus en phase avec son angle de série d’enquête.
Dans les bandes dessinées DC, les Manhunters ont été créés par Jack Kirby et ont fait leur première apparition dans 1st Issue Special #5, publié en août 1975. Au départ, les Gardiens de l’Univers les avaient imaginés comme la toute première force de police intergalactique, avant même l’existence du Green Lantern Corps.
Puis l’expérience a dérapé: devenus conscients, les Manhunters se sont retournés contre l’autorité de leurs créateurs et ont fini par considérer qu’une paix absolue ne pouvait passer que par l’élimination de toute vie organique. C’est ce basculement dans l’extrémisme qui en a fait des ennemis historiques des Green Lanterns. Leur crime le plus connu reste le massacre du Secteur 666, après quoi les Gardiens ont tenté de les détruire une bonne fois pour toutes.
Cette adaptation marche d’autant mieux que Lanterns repose sur un récit construit en deux temporalités. La série, qui compte huit épisodes, raconte d’un côté l’entrée de John Stewart au sein du Green Lantern Corps en 2016. De l’autre, elle suit une enquête menée en 2026 par John Stewart et Hal Jordan autour d’un mystère ancré sur Terre.
Le point de jonction entre ces deux lignes narratives semble maintenant mener tout droit aux Manhunters. Leur histoire, leur disparition, leur capacité à se cacher sous les yeux de tout le monde, tout ça en fait des suspects parfaits dans une série que beaucoup décrivent depuis des mois comme un Green Lantern version True Detective.
Placée sous la conduite du showrunner Chris Mundy, avec Damon Lindelof et Tom King parmi ses principaux artisans, la série essaie visiblement de garder intact le cœur du matériau d’origine tout en l’ouvrant à un public plus large. Jusqu’ici, les premiers retours vont plutôt dans cette direction, surtout sur la façon dont Lanterns retravaille les Manhunters sans trahir leur rôle dans le mythe Green Lantern.
Pour l’instant, les premiers échos autour de l’audience de Lanterns sur HBO Max seraient eux aussi encourageants, au point que des discussions préliminaires autour d’une possible saison 2 circuleraient déjà. Mieux vaut quand même rester prudent.
Si cette tendance se confirme, les Manhunters pourraient bien devenir la première menace durable d’ampleur du nouveau DCU à la télévision. On suivra ça de près.
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