Meta Platforms s’est envolé en Bourse cette semaine après la publication de ses résultats trimestriels. L’action a pris environ 6 % vendredi, et près de 15 % sur l’ensemble de la semaine. Ce que les investisseurs ont surtout applaudi, c’est la promesse de monétisation derrière Meta Compute.
Le contraste est frappant avec les derniers mois, marqués par un vrai scepticisme autour des dépenses massives de Meta dans les infrastructures.
Ce qui a fait changer l’humeur du marché tient à une idée assez simple : Meta ne veut plus seulement investir à coups de milliards, il veut aussi commencer à en tirer des revenus.
Avec Meta Compute, le groupe dit vouloir louer sa puissance de calcul excédentaire et proposer ses modèles à des clients tiers. Le virage le rapproche d’un acteur du cloud, face à Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud.
Jusqu’ici, ce que le marché reprochait surtout à Meta, c’était d’accélérer ses investissements sans vraie feuille de route sur le retour attendu.
Dans ses résultats trimestriels, Meta a pourtant relevé sa prévision de dépenses d’investissement pour 2026, désormais attendues entre 125 et 145 milliards de dollars. L’essentiel ira au financement de nouveaux centres de données et de serveurs. L’arrivée de Meta Compute change la façon de lire le dossier : sur le papier, Meta pourrait convertir une partie de cette infrastructure en nouvelle source de revenus, au lieu de la garder uniquement pour ses besoins internes.
Selon Wolfe Research, chaque gigawatt de capacité de calcul monétisé, sur une base annualisée d’environ 25 milliards de dollars, pourrait faire grimper le bénéfice par action d’environ 20 %.
Les scénarios de cours sur 12 mois avancés par les analystes s’étendent d’environ 720 à 869 dollars. Ce regain d’enthousiasme a quelque chose d’un peu paradoxal : jusque-là, le titre était resté presque stable depuis le début de l’année, alors que le Nasdaq-100 avançait d’environ 18 %.
L’optimisme s’est vu aussi du côté des produits dérivés.
D’après les données de marché, les volumes d’options ont dépassé trois fois la moyenne des 30 derniers jours. Et 78 % des 1,8 milliard de dollars de primes concernaient des options d’achat. Autrement dit, les investisseurs spéculatifs parient sur une hausse qui peut continuer.
Meta, cela dit, ne parle pas seulement d’infrastructure.
Le groupe a aussi lancé Muse Image, ainsi qu’une offre payante baptisée Muse Spark 1.1, via une nouvelle Meta Model API. Le positionnement tarifaire est présenté comme agressif, avec une idée assez claire : attirer vite les développeurs et les entreprises.
En parallèle, le programme de puces maison Meta Training and Inference Accelerator, ou MTIA, se rapproche d’une production de masse prévue pour septembre 2026, selon Meta. Si le calendrier tient, le groupe pourrait réduire sa dépendance à Nvidia et améliorer sa structure de coûts sur le long terme.
Il faut quand même garder la tête froide.
À ce stade, Meta Compute n’a encore rien vendu, et Meta n’a jamais exploité à grande échelle une plateforme de services d’infrastructure pour des clients externes. En face, AWS, Azure et Google Cloud ont une avance énorme sur l’exécution opérationnelle, sur le plan commercial, et sur un point qui compte tout autant : la confiance des clients.
Louer de la capacité inutilisée peut aussi être lu d’une autre manière par le marché, comme le signe que l’entreprise a peut-être trop investi.
Et malgré l’excitation autour de cette nouvelle activité, Meta reste d’abord et avant tout une machine publicitaire. Selon Meta, la publicité représente encore environ 98 % de son chiffre d’affaires total.
Au premier trimestre 2026, Meta a publié 56,3 milliards de dollars de revenus, en hausse de 33 % sur un an, toujours selon Meta. En d’autres termes, la promesse de demain plaît à Wall Street. Mais aujourd’hui, c’est encore la pub qui règle la note.