Nintendo sortira The Legend of Zelda: Ocarina of Time Remake sur Nintendo Switch 2 le 5 novembre 2026, d’après le calendrier communiqué par la firme. Soit deux semaines à peine avant l’arrivée mondiale de GTA 6, le 19 novembre, sur PlayStation 5 et Xbox Series X/S. Une bonne partie de l’industrie semblait pourtant prête à laisser tout le mois de novembre à Rockstar Games. Nintendo, lui, ne bouge pas d’un centimètre et fait déjà de ce calendrier un événement en soi.
Sur le papier, l’affrontement avait tout d’un pari risqué. En pratique, Nintendo a plutôt l’air d’y gagner. The Legend of Zelda: Ocarina of Time Remake est déjà perçu comme bien plus qu’un simple remaster pour nostalgiques, et ce voisinage avec GTA 6 lui donne une place dans la conversation culturelle que très peu de jeux obtiennent.
Aakash Gupta, spécialiste de la croissance produit, y voit un double pari de la part de Nintendo : miser à la fois sur la fidélité du public Zelda et sur le prestige intact d’Ocarina of Time, encore cité, des années plus tard, parmi les jeux les plus acclamés de tous les temps.
Le face-à-face a même déjà son surnom dans la communauté : “Grand Theft Ocarina”, clin d’œil assumé au phénomène “Barbenheimer” de 2023. La comparaison s’arrête d’ailleurs assez vite, puisque les deux jeux ne sortent pas le même jour et ne répondent pas tout à fait aux mêmes attentes.
Mais le parallèle raconte quand même quelque chose. Nintendo a réussi à faire d’une menace concurrentielle un sujet de conversation à part entière. Et, de façon assez ironique, c’est justement l’ombre gigantesque de GTA 6 qui aide aujourd’hui Zelda à prendre encore plus de place.
Le poids symbolique accordé à The Legend of Zelda: Ocarina of Time Remake explique en grande partie ce mouvement. Dans la perception du public, le jeu se présente presque comme un nouveau grand Zelda, pas comme une simple réédition haut de gamme.
Une rumeur, qui reste à confirmer, va même dans ce sens : Nintendo l’aurait développé en interne au lieu d’en confier la réalisation à Grezzo, studio souvent lié aux remakes et remasters de la série. Cette aura dépasse déjà le cercle des médias spécialisés. Un sketch récent du Saturday Night Live s’est amusé du contraste entre GTA 6 et Ocarina of Time, preuve que cette rivalité a déjà quitté le seul terrain du jeu vidéo pour entrer dans la pop culture grand public. Pour Nintendo, c’est évidemment une excellente nouvelle.
Et ce choix ne sort pas de nulle part.
Il s’inscrit dans une stratégie plus large. À contre-courant d’un marché où les cycles de développement deviennent toujours plus longs et plus coûteux, Nintendo continue d’enchaîner les exclusivités à un rythme presque mensuel. La prochaine sur la liste, c’est Nintendo Switch Sports Resort, attendu deux semaines avant Zelda.
Les premiers retours évoquent une compilation sportive légère et très accessible, quelque part entre Wii Sports, Wave Race, Pilotwings et Tony Hawk’s Pro Skater. Le jeu ajouterait notamment du skateboard, ainsi que du “thumb wrestling”, ce qui renforce cette image d’une Nintendo Switch 2 alimentée régulièrement par des nouveautés très faciles à identifier.
Reste tout de même une inconnue : l’effet économique réel de ce télescopage sur les dépenses des joueurs, et plus largement sur le quatrième trimestre du marché. Pour l’instant, l’essentiel de la couverture autour de “Grand Theft Ocarina” vient surtout d’Amérique du Nord et d’Europe. En Asie et en Amérique latine, les analyses détaillées restent rares.
Mieux vaut donc garder une certaine prudence. Sur un point, en revanche, Nintendo semble déjà avoir pris l’avantage : il devient difficile de parler de novembre 2026 sans parler aussi de Zelda.