OpenAI lance aujourd’hui ChatGPT for Teens, une version de ChatGPT pensée pour les 13-17 ans. Sur les comptes repérés dans cette tranche d’âge, des protections renforcées s’activent automatiquement. D’après OpenAI, cela passe par des règles de conversation plus strictes, des “heures calmes” et des alertes de sécurité quand un échange glisse vers des sujets à haut risque. Le tout arrive alors que les inquiétudes sur les effets des chatbots chez les mineurs prennent de l’ampleur.
Le calendrier ne doit rien au hasard. La pression s’accentue autour des risques pour les plus jeunes, entre l’inquiétude du public, les critiques d’experts et plusieurs plaintes qui reprochent à ChatGPT d’avoir livré à des mineurs des informations dangereuses.
Le changement le plus net touche aux règles de conversation. OpenAI dit vouloir limiter le risque de dépendance affective en empêchant ChatGPT de prendre un ton romantique ou de suggérer, même à demi-mot, qu’il ressent quelque chose.
L’idée est simple : éviter que des ados prennent l’outil pour une présence émotionnelle réelle.
Cette mise à jour répond à une inquiétude qui grandit. Les jeunes se servent de plus en plus de ces services, pas seulement pour l’école, mais aussi pour parler de choses personnelles.
Et les devoirs ne sont déjà plus le seul usage. D’après Pew Research, un peu plus de la moitié des adolescents américains ont déjà utilisé des chatbots pour leur travail scolaire, et 12 % disent y avoir eu recours pour du soutien émotionnel.
OpenAI ajoute aussi d’autres garde-fous, dont ces “heures calmes” et des alertes de sécurité quand certaines conversations touchent à des thèmes sensibles, par exemple l’automutilation ou les troubles alimentaires. L’entreprise présente en parallèle cette version comme un outil pour apprendre, pas juste comme une machine qui recrache des réponses.
Des fonctions comme Study Mode sont censées accompagner l’élève étape par étape, en le poussant à raisonner et à vérifier qu’il a bien compris, plutôt que récupérer tout de suite une solution prête à l’emploi, explique OpenAI.
Ce virage n’arrive pas par accident. OpenAI est de plus en plus observé sur la façon dont ses produits peuvent peser sur des utilisateurs jeunes et vulnérables. Plusieurs affaires récentes ont remis au centre la question de la responsabilité des plateformes conversationnelles quand un échange touche à une situation de crise, à la santé mentale ou à des comportements dangereux.
Meta et Google ont, eux aussi, durci certains réglages pour les adolescents. Les critiques, elles, ne se sont pas calmées. Des tests indépendants et des associations de protection des familles jugent que des contenus problématiques restent parfois accessibles, et Common Sense Media continue de classer ChatGPT dans la catégorie “risque modéré” pour les adolescents.
La prudence reste donc de mise.