Dans un entretien autour de la saison 3 de Slow Horses sur Apple TV+, Kyle Soller est revenu sur la mort de Jim et sur la façon dont la série a traité cette confrontation finale. Pas comme un morceau de bravoure bien huilé, mais comme un moment de panique, de désorientation et de pur instinct de survie.
Petit correctif au passage : certaines sources parlent, à tort, d’une saison 6. Les faits évoqués concernent bien la saison 3, et plus précisément les épisodes 5, Cleaning Up, et 6, Footprints, tirés du roman Real Tigers de Mick Herron.
Au centre de l’interview, Soller raconte que l’affrontement entre Jim, River Cartwright et Sid Baker devait rester physique, brutal et franchement inconfortable. Il décrit un tournage “très froid, très humide et très impitoyable”, avec une équipe artistique et des cascadeurs qui tenaient à ne surtout pas faire basculer la scène dans quelque chose de trop net ou de trop chorégraphié.
L’idée allait même dans le sens inverse : montrer quelque chose de “brouillon” et de “désordonné”, davantage une lutte affolée qu’un duel de thriller d’espionnage mis en scène avec élégance. Autrement dit, au moment où Jim comprend qu’il n’a plus d’issue, le spectateur doit avoir la sensation d’être “dans un film d’horreur”, pour reprendre les mots de Kyle Soller.
Ce choix ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans une logique plus large sur l’ensemble de la saison 3. Soller cite aussi la bagarre dans les toilettes de l’épisode 4 pour expliquer que Slow Horses cherche souvent à retrouver ce qu’on trouve dans les romans de Mick Herron : une violence brutale, parfois absurde, et à des années-lumière du glamour habituel du genre.
Kyle Soller a aussi pris le temps de revenir sur la relation entre Jim et Jane, la tueuse jouée par MyAnna Buring. D’après lui, les deux acteurs voulaient donner au duo un peu plus de relief que dans le livre, en laissant deviner une attirance personnelle et une forme d’intimité implicite, sans pour autant casser leur froideur professionnelle.
Là où Jane reste la plus dure, la plus disciplinée, la plus fidèle à la mission, Jim se dérobe davantage. Soller le voit comme un homme qui prend plaisir à la théâtralité des meurtres, presque à ce qu’ils ont de performatif, mais qui semble aussi plus enclin à imaginer une échappatoire, peut-être par l’intermédiaire de Jane. C’est là que leur dynamique devient intéressante : ils travaillent ensemble, oui, mais ils ne regardent pas forcément vers le même point.
La réception de la saison 3 confirme d’ailleurs la très bonne forme de la série. La critique a salué ce mélange de suspense, d’humour noir et de violence sèche, avec l’épisode 5 souvent cité parmi les plus intenses. Slow Horses affiche aussi 97 % sur Rotten Tomatoes. Apple TV+ a déjà confirmé et tourné la saison 4, et une saison 5 a également été commandée. Un rythme de renouvellement assez rare, qui en dit long sur le succès critique et public de l’adaptation.