Chez Sony, le discours tient toujours sur le même point: la PlayStation 5 resterait aujourd’hui un meilleur achat qu’un PC gaming équivalent. Le constructeur avance qu’une machine du même niveau coûterait encore entre 1 000 et 1 500 dollars, quand une PlayStation 5 avec lecteur est vendue 649,99 dollars et une PlayStation 5 Pro 899,99 dollars. Et ce alors que le prix des consoles a monté, que les ventes de matériel ralentissent, et qu’un virage beaucoup plus lourd se prépare vers le tout-numérique. L’arrêt des disques physiques pour les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028 provoque déjà de vives critiques sur la propriété réelle des jeux et sur leur conservation dans le temps.
Dans la lecture de Sony, la PlayStation 5 reste donc la façon la plus abordable de jouer dans de bonnes conditions sans se lancer dans un PC coûteux. Ce qui surprend un peu, c’est que même après les hausses de prix, la console garde encore cet avantage tarifaire, au moins sur le papier.
Sony martèle aussi une autre idée. Même sans disques, la PlayStation ne deviendrait pas un simple « PC fermé ». Pour le groupe japonais, la console garderait quelque chose de bien à part: une prise en main simple, un écosystème unifié, et une expérience pensée avant tout pour le salon.
La vraie cassure est attendue pour janvier 2028. C’est à partir de cette date que Sony compte arrêter la production de disques physiques pour tous les nouveaux jeux PlayStation. Le constructeur justifie ce choix par l’évolution rapide des usages et par une demande de plus en plus forte pour la distribution numérique.
Les chiffres donnés par Sony vont dans ce sens. Au premier trimestre de l’exercice 2026, 82 % des jeux PlayStation 5, des DLC et des microtransactions ont été vendus en numérique, contre 78 % sur l’ensemble de l’exercice 2025. Le physique est donc déjà minoritaire dans l’écosystème PlayStation.
Sur le plan commercial, la PlayStation 5 reste un énorme succès. Sony parle de 95,3 millions d’unités vendues dans le monde en juin 2026. En revanche, les ventes trimestrielles de hardware ont nettement reculé: 1,6 million d’unités, contre 2,5 millions un an plus tôt. Cela fait une baisse de 36 % sur un an, toujours d’après le constructeur.
Ça ne change pas le poids de la base installée. En revanche, ça confirme assez clairement où Sony doit aller chercher la suite: les services, les achats dématérialisés et les revenus récurrents.
Le passage au tout-numérique, lui, est loin de faire l’unanimité. Ses opposants y voient moins de choix pour les consommateurs, la disparition progressive du marché de l’occasion et un risque plus grand pour la préservation des jeux. Et derrière tout ça, la même inquiétude revient sans cesse: sans disque, l’achat ressemble davantage à une licence d’accès qu’à une possession durable.
Au moment où nous écrivons ces lignes, aucune procédure antitrust n’a été confirmée au Mexique, même si cette piste a été évoquée. Des pétitions circulent déjà, des appels au boycott commencent à émerger, et le changement inquiète aussi dans les régions où l’accès à Internet reste limité. Il faut aussi compter avec les distributeurs, qui dépendent encore largement des ventes physiques. Bref, il vaut mieux rester prudent pour l’instant. On suivra ça de près.