SpaceX vise, d’après l’entreprise, la fin août 2026 pour le 14e vol d’essai de Starship depuis Starbase, au Texas. Cette fois, le plan va plus loin qu’un simple nouveau tir : SpaceX veut tenter pour la première fois une récupération directe de l’étage supérieur au retour, en utilisant les bras mécaniques de la tour de lancement.
Si l’entreprise y arrive, ce sera l’une des démonstrations les plus marquantes à ce jour pour tout son système de réutilisation. L’idée n’est pas seulement de réussir un geste spectaculaire. SpaceX cherche surtout à montrer qu’elle peut remettre l’ensemble de Starship en service rapidement, avec à la clé des coûts plus bas et moins de temps entre deux lancements.
La mission doit donc servir de cadre à une première tentative de capture du Ship, l’étage supérieur de Starship, haut d’environ 52 mètres, par les fameux « chopsticks ». SpaceX a déjà attrapé le booster Super Heavy à trois reprises. Pour le Ship, le niveau de difficulté monte clairement d’un cran.
Et on comprend pourquoi. Contrairement au booster, le Ship revient d’une trajectoire à vitesse quasi orbitale. Pendant la rentrée atmosphérique, il encaisse des contraintes thermiques et structurelles bien plus dures, ce qui rend une récupération au point de départ beaucoup plus risquée.
Cette tentative arrive après le vol 13 du 24 juillet 2026. Lors de cette mission, toujours selon SpaceX, l’étage supérieur avait réussi un amerrissage contrôlé particulièrement précis dans l’océan Indien. Elon Musk avait alors jugé cette précision suffisante pour commencer à envisager une capture par la tour.
Autre élément intéressant, ce vol 14 pourrait aussi marquer un tournant pour le programme Starship avec le déploiement, d’après SpaceX, d’un lot de satellites Starlink V3 opérationnels en orbite. Ce serait une première pour Starship, qui quitterait alors le cadre purement expérimental pour embarquer une véritable charge utile commerciale.
Ce vol sera aussi le troisième de Starship dans sa configuration Block 3, la version la plus récente du véhicule selon SpaceX. Et, mission après mission, le schéma reste le même : chaque lancement sert à la fois de test grandeur nature et de validation progressive pour les évolutions matérielles et logicielles du système.
Reste un point très concret : rien n’est encore totalement verrouillé. La mission, et surtout cette tentative de retour sur site avec capture par la tour, dépend toujours des autorisations réglementaires. Le calendrier peut donc encore bouger en fonction du feu vert des autorités.
L’issue de ce vol 14 sera observée bien au-delà du seul secteur spatial privé. La NASA a retenu Starship comme système d’alunissage habité pour les futures missions Artemis. Si SpaceX parvient à attraper l’étage supérieur dès ce mois-ci, l’entreprise se rapprochera un peu plus de son pari de départ : faire de Starship un lanceur entièrement et rapidement réutilisable, capable d’enchaîner les missions à un rythme qu’aucun autre véhicule spatial n’a encore atteint.
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