Mise en ligne le 27 juin 2024, Supacell s’est rapidement imposée parmi les gros scores science-fiction de Netflix. D’après les chiffres d’audience publiés par la plateforme, elle occupe la 7e place des séries de SF les plus vues sur la période couverte par ses rapports publics. La production britannique affiche environ 51 millions de vues et 265,7 millions d’heures regardées, toujours selon Netflix. Pour une première saison de six épisodes à peine, c’est un résultat franchement costaud.
Surtout, ces chiffres montrent que la série n’a pas été un simple feu de paille.
Il faut quand même apporter une précision avant de parler de “plus gros succès de l’histoire” de Netflix. La plateforme n’a commencé à publier ses rapports détaillés What We Watched qu’en 2023. Les classements historiques dont on dispose aujourd’hui ne couvrent donc, en réalité, que la période mesurée depuis cette date.
Ça n’enlève pas grand-chose à la performance de Supacell. Dès sa première semaine, la série avait déjà marqué les esprits en montant, selon le Top 10 mondial de Netflix, à la 2e place du classement des séries TV anglophones. Pour une création originale britannique, portée par un casting moins “bankable” que celui des franchises américaines les plus installées, le score avait tout de suite attiré l’attention.
Le signal a été assez fort pour que Netflix commande une suite dès août 2024. Depuis, son créateur Andrew Onwubolu, que le public connaît surtout sous le nom de Rapman, a confirmé que la saison 2 était en tournage, puis que ce tournage était désormais bouclé.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, Netflix n’a annoncé aucune date de sortie. On vous tiendra au courant.
Ce qui fait vraiment la différence avec Supacell, c’est sa manière d’aborder le genre. La série suit cinq habitants noirs du sud de Londres qui développent soudain des pouvoirs extraordinaires.
Peu à peu, ces cinq personnages découvrent qu’ils sont liés par une histoire familiale commune autour de la drépanocytose, pendant qu’une organisation mystérieuse se met à les traquer.
Rapman ne s’appuie pas seulement sur l’effet spectaculaire. Il inscrit son histoire dans une réalité sociale immédiatement reconnaissable. Les critiques ont salué une œuvre plus ancrée dans le réel, plus nerveuse aussi, que la moyenne du genre, avec des thèmes comme les inégalités raciales, la précarité, l’insécurité professionnelle ou encore l’exploitation des corps noirs.
Il n’y a pas que les chiffres. Supacell a aussi marqué par sa représentation de la vie noire britannique et de la culture du sud de Londres. C’est d’ailleurs l’un des points qui revient le plus souvent dans la presse comme chez les spectateurs, beaucoup y voyant une série de super-héros avec une identité bien à elle, plutôt qu’une simple déclinaison des codes américains.
Rapman a expliqué qu’il voulait raconter, sur une plateforme mondiale, des histoires nées de sa communauté. Netflix, de son côté, semble croire à ce monde sur la durée. Le créateur a déjà parlé d’un arc sur trois saisons.
En parallèle, Rapman et Netflix ont lancé l’initiative “Supacell Six”, conçue pour offrir du mentorat et de vraies opportunités à des talents noirs de l’industrie.
Au fond, Supacell dépasse déjà le cadre du bon lancement. Depuis que Netflix publie ses chiffres d’audience, la série s’impose comme l’une des percées science-fiction les plus marquantes de la plateforme.