Tesla a fait mieux que ce qu’attendait Wall Street au troisième trimestre 2026, d’après les chiffres qu’il vient de publier. Et dans la foulée, pendant la conférence consacrée à ces résultats, Elon Musk a remis sur la table une idée qui revient régulièrement autour de lui : un rapprochement avec SpaceX.
Le constructeur a annoncé 28,05 milliards de dollars de chiffre d’affaires et un bénéfice par action non-GAAP de 0,48 dollar. La rentabilité sort au-dessus des attentes, tandis que le chiffre d’affaires colle à peu près aux prévisions. Mais le chiffre qui a le plus fait réagir, c’est ailleurs qu’il se trouve : 1,53 milliard de dollars de flux de trésorerie disponible, alors qu’une partie des analystes redoutait au contraire une forte consommation de cash. Pour une entreprise bousculée depuis plusieurs trimestres, l’oxygène n’est pas de trop.
Tesla explore sérieusement un rapprochement avec SpaceX
Pendant la conférence sur les résultats de Tesla, Elon Musk a dit qu’un rapprochement entre Tesla et SpaceX avait « beaucoup de sens ». D’après lui, les deux entreprises ont déjà constitué des comités spéciaux composés d’administrateurs indépendants pour étudier l’opération. Il a aussi rappelé que sa propre situation de conflit d’intérêts limitait, de fait, son implication directe dans le dossier.
On n’en est pas encore à un accord. Mais le sujet a clairement dépassé le stade de la simple idée lancée en l’air. Toujours selon ce qui a été expliqué pendant l’appel, une fusion devrait obtenir l’approbation de 50 % de l’ensemble des actionnaires de Tesla. Le seuil est élevé, et ce n’est pas anodin : une telle opération changerait en profondeur le profil du groupe.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, la direction continue pourtant d’éviter les questions sur la transaction envisagée pendant la conférence. Ce silence, assez curieusement, n’a pas freiné les spéculations du marché sur un ensemble qui pourrait valoir plus de 3 500 milliards de dollars, d’après certaines estimations. Nous continuerons à suivre le sujet.
L’argument mis en avant par Elon Musk, et repris par plusieurs analystes, tient à des synergies industrielles qui se voient déjà assez bien : puces, robotique, logiciels, production à grande échelle, infrastructures énergétiques. Tesla et SpaceX travaillent déjà ensemble, si l’on en croit les commentaires faits pendant l’appel, sur la fabrication de semi-conducteurs via Terafab. Et à terme, la connectivité satellite de SpaceX pourrait aussi appuyer les ambitions de Tesla dans la conduite autonome.
Des résultats T3 2026 meilleurs que prévu
Sur l’activité elle-même, Tesla dit avoir livré 486 532 véhicules sur la période, soit un recul de 2 % sur un an. Le chiffre d’affaires automobile baisse de 3 %. Malgré cela, le groupe assure que la demande tient bon et met en avant son carnet de commandes le plus élevé depuis quatre ans. Tesla ajoute aussi qu’en Amérique du Nord, le taux d’adoption de Full Self-Driving (Supervised) dépasse maintenant 75 % sur les véhicules neufs vendus.
Pourquoi SpaceX renforce le dossier
La situation financière de SpaceX explique aussi pourquoi l’hypothèse d’un mariage industriel attire autant l’attention. D’après les chiffres cités pendant l’appel, l’entreprise spatiale aurait signé au troisième trimestre 2026 son tout premier bénéfice trimestriel : 4,4 milliards de dollars de résultat net pour 14,6 milliards de dollars de revenus, soit une hausse de 161 % sur un an.
Pour ceux qui soutiennent la fusion, cela donnerait à Tesla un accès plus direct à des activités qui croissent vite, avec en prime une base technologique complémentaire, des réseaux satellitaires jusqu’aux systèmes embarqués.
Un projet à haut risque sur les plans réglementaire et géopolitique
Mieux vaut quand même garder la tête froide. Les analystes évoquent de gros risques réglementaires, en particulier à cause des contrats sensibles de SpaceX dans la défense américaine. À cela s’ajoute l’exposition de Tesla à la Chine, avec tout ce que cela peut compliquer sur la gouvernance des données, la conformité locale et les arbitrages stratégiques.
Certains actionnaires pourraient aussi redouter une destruction de valeur, ou voir d’un mauvais œil une concentration encore plus forte du pouvoir autour d’Elon Musk. D’après les données de marché, Tesla reste en baisse de plus de 11 % depuis le début de l’année, fragilisé par une concurrence plus agressive, surtout celle des constructeurs chinois à bas coûts, même si les spéculations autour d’une fusion ont récemment soutenu le titre.
Elon Musk a enfin profité de l’appel pour remettre le Roadster 2 au centre de la discussion, en promettant qu’une technologie dérivée de SpaceX pourrait lui permettre de « voler comme une fusée ». L’image frappe. Mais pour l’instant, ce qui concentre vraiment l’attention, c’est cette possible union entre Tesla et SpaceX.