Tesla préparerait l’arrivée de son Cybercab sur les routes publiques d’Austin, au Texas, dès ce mois-ci. Ce véhicule autonome à deux places n’a ni volant ni pédales.
Le lancement ne se ferait pourtant pas en une seule fois. Comme lors des premiers essais du service de robotaxi de Tesla avec des Model Y modifiés, le constructeur commencerait par faire rouler le véhicule avec ses propres employés, avant d’ajouter peu à peu le Cybercab à son offre actuelle.
L’enjeu est de taille, parce que le Cybercab n’est pas juste une version autonome d’un modèle déjà vendu au grand public.
C’est le premier véhicule de Tesla pensé, dès l’origine, pour le transport autonome. Un petit modèle deux places, sans volant, sans pédales.
C’est aussi ce qui le sépare clairement des essais précédents de Tesla, menés avec des véhicules dérivés de sa gamme existante.
Austin apparaît comme l’endroit logique pour ce lancement.
Tesla y possède sa Gigafactory Texas, où la production du Cybercab aurait déjà commencé.
Elon Musk a présenté ce véhicule comme une plateforme peu coûteuse à exploiter, avec un coût d’usage réduit et un tarif visé sous les 30 000 dollars.
Il a aussi prévenu que la montée en cadence serait lente au départ.
À ce stade, Tesla n’a toujours pas détaillé officiellement ce calendrier de bout en bout.
Les éléments disponibles restent fragmentaires, mais ils racontent tous à peu près la même chose: un déploiement prudent, d’abord en interne, puis une ouverture plus large sur route publique.
Avancer par étapes est, très clairement, une manière de réduire les risques opérationnels.
On suivra ça de près.
Le Cybercab aurait d’ailleurs déjà été aperçu sur des routes privées autour du site texan.
Tesla aurait également mené des sessions de formation avec les services de secours locaux, ce qui ressemble au signal habituel d’une préparation opérationnelle avant une mise en circulation plus large.
Selon plusieurs rapports, la flotte de Cybercab recevrait aussi des antennes satellite Starlink pour renforcer la connectivité.
Reste la question centrale: celle de la conduite autonome elle-même.
Le Cybercab devrait reposer sur le logiciel Full Self-Driving de Tesla, alors que ce système continue d’être examiné par la NHTSA, l’autorité américaine chargée de la sécurité routière, en particulier sur le respect du code de la route.
L’absence complète de commandes manuelles fait aussi entrer le véhicule dans une catégorie réglementaire plus délicate qu’une voiture classique dotée d’aides à la conduite.
Mieux vaut donc garder une certaine réserve.
Sur le papier, Tesla met un pied sur un marché prometteur.
Dans la réalité, le constructeur arrive après plusieurs acteurs déjà très avancés, parmi lesquels Waymo et Zoox.
Plus surprenant encore, malgré toute l’attention portée au projet, Tesla dit avoir cumulé environ 380 000 miles de conduite autonome. On est très loin de Waymo, qui revendique près de 220 millions de miles de trajets autonomes avec des passagers.
Cet écart alimente les analyses contradictoires.
Certains y voient l’ouverture d’un marché potentiellement très rentable pour Tesla.
D’autres doutent que le constructeur puisse tenir son objectif de prix, industrialiser rapidement le Cybercab, puis lever les derniers verrous liés à la sécurité et à la réglementation.
Si le lancement du Cybercab à Austin se confirme dans les prochaines semaines, ce sera le premier vrai test public du pari le plus audacieux de Tesla depuis des années.