The Last Photograph de Zack Snyder : lancement très difficile à Toronto

The Last Photograph, le drame de guerre indépendant que Zack Snyder a présenté cette semaine au Festival international du film de Toronto (TIFF), a connu un départ franchement compliqué. Après les projections au TIFF, les premiers retours critiques ont été sévères, parfois même implacables, avec des reproches qui reviennent sans cesse : une durée jugée trop lourde, un rythme qui s’enlise et une noirceur que beaucoup trouvent excessive.

Le décalage surprend d’autant plus qu’on n’a pas affaire ici à un nouveau blockbuster saturé d’effets spéciaux dans la veine de Rebel Moon ou de Justice League, mais à un film plus intime, plus rugueux, davantage arrimé au réel. Certains observateurs vont même jusqu’à ranger The Last Photograph parmi les pires films de la carrière de Zack Snyder. Le jugement est rude, surtout pour un projet aussi personnel et qui, au moment où nous écrivons ces lignes, n’a toujours pas de distributeur.

De quoi fragiliser sérieusement son avenir commercial. Nous vous tiendrons informés.

The Last Photograph suit Ethan Black, ancien agent de la DEA interprété par Stuart Martin. Après l’assassinat de parents diplomates, Ethan repart dans les montagnes d’Amérique du Sud pour retrouver sa nièce et son neveu, portés disparus. Il finit par faire équipe avec un photographe de guerre hanté par ce qu’il a vu, joué par Fra Fee, afin d’identifier les responsables.

Sur le papier, la prémisse a de quoi attirer : un thriller de survie tendu, avec une vraie charge psychologique. Dans les premiers comptes rendus, pourtant, c’est autre chose qui ressort : un scénario fragile, une durée étirée à l’excès et une violence présente presque partout.

C’est aussi ce qui rend l’accueil du film si frappant. Beaucoup attendaient un Zack Snyder plus resserré, plus tenu, dans un registre plus personnel. À la place, les retours décrivent The Last Photograph comme un film boursouflé, ennuyeux, mal réglé. Quelques critiques lui reconnaissent malgré tout une identité visuelle très marquée.

Mais, à les lire, cela ne suffit pas. La mise en scène est décrite comme trop peu contenue, comme si l’absence des garde-fous d’un grand studio avait laissé Zack Snyder pousser tous ses tics de réalisation sans le moindre filtre.

Le projet, lui, remonterait à près de vingt ans. Il aurait été imaginé au milieu des années 2000, repris par intermittence, puis mis de côté en 2016 avant de refaire surface en autoproduction sous la bannière de The Stone Quarry. Pour les fans, cela avait tout d’un vieux rêve enfin concrétisé.

Cette réception arrive aussi à un moment délicat. D’après Rotten Tomatoes, les deux films Rebel Moon n’ont récolté que 22 % et 16 %, alors que L’Armée des morts (Dawn of the Dead) monte à 77 % et Zack Snyder’s Justice League à 71 %. Des écarts qui disent assez bien à quel point la filmographie de Zack Snyder continue de diviser. Mieux vaut garder une part de prudence. Mais avec The Last Photograph, la déception semble toucher quelque chose de plus sensible : pas un blockbuster de commande, pas une machine de studio, mais un film vendu comme le projet de toute une vie.

Author: Emmanuel Bosque

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