Sorti en 1987, The Stepfather de Joseph Ruben peut en ce moment se regarder gratuitement en streaming sur Tubi, sans abonnement. La plateforme rappelle au passage que Stephen King l’a déjà rangé parmi ses films d’horreur favoris, tous temps confondus.
À sa sortie, le film n’avait pourtant rien d’un mastodonte au box-office. Le soutien de Stephen King a beaucoup joué dans la façon dont The Stepfather est resté vivant dans la mémoire des amateurs du genre. Mis en scène par Joseph Ruben, sur un scénario du romancier Donald E. Westlake, le long métrage puise librement dans les crimes bien réels de John List.
Le film suit un homme d’une courtoisie presque parfaite, joué par Terry O’Quinn, qui nourrit une obsession : bâtir la famille idéale. Sauf que derrière l’image du beau-père irréprochable se tient un prédateur méthodique, dont l’identité, puis le calme apparent, glissent peu à peu vers une violence franchement glaciale.
Et c’est là que le film frappe le plus fort : Terry O’Quinn. Sa performance reste son grand atout. Il a quelque chose de rassurant à la surface, puis soudain de profondément inquiétant, et ce mélange fait basculer ce thriller domestique du côté du cauchemar psychologique. Des décennies après sa sortie, c’est encore l’argument qui revient le plus souvent quand on cherche à expliquer pourquoi The Stepfather a aussi bien tenu dans le temps.
Fait assez parlant, 2,5 millions de dollars au box-office nord-américain en 1987, si l’on reprend les chiffres relayés par Tubi. On est loin du triomphe.
La presse, elle, l’avait plutôt bien accueilli. Puis, avec les années, le film s’est construit une vraie base de fans. The Stepfather fait aujourd’hui partie de ces titres qui ont trouvé leur seconde vie bien après leur passage en salles.
Sa longévité ne tient d’ailleurs pas au seul suspense.
Beaucoup de critiques, mais aussi des chercheurs, y lisent une attaque contre l’image rêvée de la famille américaine, contre le conservatisme reaganien, contre le contrôle patriarcal et la violence masculine. Le film est aussi souvent salué pour une autre raison : ses personnages féminins ne sont pas réduits au rôle de victimes passives et opposent une vraie résistance à la menace.
Le statut culte du premier volet a ensuite entraîné deux suites, sorties en 1989 puis en 1992. Plus tard est venu le remake de 2009, très mal reçu par la critique.
Pour l’instant, on sait encore assez peu de choses sur la nouvelle version de The Stepfather que Tubi prépare pour 2026. D’après les premières informations reprises par la plateforme, Taye Diggs devrait en tenir le rôle principal. À lui seul, ce retour du projet dit quelque chose : l’idée continue de fonctionner. Transformer le fantasme de la famille parfaite en fabrique à cauchemars, ça reste redoutablement efficace.
Mieux vaut quand même garder une certaine prudence. En dehors des analyses publiées aux États-Unis, les données faciles d’accès sur la réception internationale de The Stepfather ou sur ses résultats hors du territoire américain restent assez maigres. On suivra les prochaines informations de près.
En attendant cette nouvelle adaptation, l’original de 1987 reste sans doute la meilleure porte d’entrée, surtout pour les amateurs de classiques de l’horreur, et plus encore pour ceux qui prêtent attention aux recommandations de Stephen King, tant qu’il est encore disponible gratuitement sur Tubi.