Meta annonce le déploiement progressif, à l’échelle mondiale, d’une nouvelle possibilité sur Threads : discuter directement avec l’assistant conversationnel de Meta dans les messages privés. En faisant ce choix, le groupe modifie sa trajectoire et pousse désormais ces échanges vers les DM plutôt que dans le fil public de l’application.
Ce n’est pas un simple réglage.
Connor Hayes, qui dirige Threads, explique que cette décision vient des retours des utilisateurs. Beaucoup n’avaient tout simplement pas envie d’interagir avec cet outil en public sur le réseau social.
Threads pousse son assistant vers les DM, loin du fil public
Dans les faits, Meta explique que les utilisateurs peuvent maintenant poser des questions à partir de publications ou de conversations vues sur Threads, demander des explications sur un sujet, ou encore envoyer au chatbot un post, une image, un lien ou une vidéo pour obtenir plus de contexte et poursuivre l’échange.
L’idée est assez simple : sortir ces discussions d’un espace public, parfois gênant, pour les faire basculer dans un cadre plus habituel, la messagerie. Meta précise aussi que les conversations n’apparaissent pas dans le fil des autres utilisateurs.
Et si l’expérience ne plaît pas, le groupe indique qu’il est toujours possible de supprimer la conversation ou de désactiver les notifications du compte en question.
Pourquoi Meta lâche du terrain sur le fil public
Meta ne met pas totalement fin à ses essais dans le flux principal de Threads. Le test qui permet d’interpeller l’assistant dans des posts et dans des réponses continue, d’après l’entreprise, mais dans un nombre très limité de pays : l’Argentine, la Malaisie, le Mexique, l’Arabie saoudite et Singapour, entre autres.
Si ce test reste aussi restreint, c’est aussi parce que l’accueil n’a rien d’un plébiscite. La présence du chatbot dans le fil public a souvent été perçue comme intrusive, inutilement bavarde, parfois carrément comme du spam.
Et il y a un détail assez parlant : selon Meta, les utilisateurs ne peuvent toujours pas le bloquer complètement aujourd’hui. Ils peuvent masquer ses interventions ou signaler qu’ils ne veulent plus voir certains contenus de ce type, mais pas le faire disparaître pour de bon.
Une pièce de plus dans l’univers Meta
Ce déploiement rapproche encore un peu plus Threads de Facebook, Instagram et WhatsApp, où Meta a déjà glissé son assistant dans les outils de messagerie. D’un point de vue stratégique, le calcul saute aux yeux : garder les utilisateurs dans les applications du groupe plutôt que de les voir partir vers ChatGPT, Gemini ou Grok pour poser leurs questions.
Threads devient donc autre chose qu’un simple réseau social. L’application sert aussi de point d’entrée vers les services conversationnels de Meta, au même titre que les autres plateformes du groupe.
La question de la confidentialité reste entière
Le passage aux messages privés ne veut pas dire que tout devient confidentiel. Meta précise que les échanges ne sont pas chiffrés de bout en bout.
L’entreprise peut aussi se servir de ces interactions pour personnaliser des contenus et des recommandations publicitaires.
Meta ajoute que les messages privés entre personnes ne servent pas à entraîner ses modèles. En revanche, les conversations menées directement avec l’assistant restent bien concernées par la collecte de données.
Pour les autres utilisateurs, l’expérience devient plus discrète. Pour vous, elle n’est pas forcément plus privée. Mieux vaut garder ça en tête.
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