En 2026, Transmetropolitan, le comic cyberpunk écrit par Warren Ellis et dessiné par Darick Robertson, n’a presque rien perdu de sa charge. C’est toujours l’un des titres de DC qui parlent au présent. Lancée en 1997 sous le label Helix avant de passer chez Vertigo, la série culte revient sans cesse dans les listes des grandes œuvres du genre. Et sa réputation n’a fait que grossir à mesure que ses obsessions, la désinformation, la corruption, le règne du spectacle et la brutalisation du débat public, sont devenues tristement ordinaires.
D’après DC Comics, Transmetropolitan a commencé en 1997 sous le label Helix avant de rejoindre Vertigo. La série s’est déployée sur 60 numéros jusqu’en 2002, avec un statut de classique déjà solidement acquis.
Et pourtant, son esthétique excessive et son humour noir n’ont jamais masqué l’essentiel. Transmetropolitan reste avant tout une attaque féroce contre les abus de pouvoir, et une défense acharnée du journalisme quand il sert encore à faire surgir la vérité.
Son anti-héros, Spider Jerusalem, sort d’exil et revient dans une mégalopole futuriste pour honorer un contrat d’écriture. Il reprend ensuite la plume au journal The Word, où il tient une chronique au titre parfait pour l’endroit : I Hate It Here.
Le décor appartient de plein pied à la tradition cyberpunk : une ville dystopique noyée sous les médias, des modifications corporelles poussées à l’excès, des technologies tantôt absurdes, tantôt franchement inquiétantes, et à chaque coin de rue un spectacle social grotesque. Mais le comic ne se limite pas à accumuler les trouvailles futuristes. Il regarde aussi du côté du transhumanisme, du consumérisme, et de la façon dont la technologie amplifie les pires réflexes humains.
L’une des grandes réussites de la série, c’est que Spider Jerusalem n’a jamais les contours d’un guide moral bien propre sur lui. Il est brillant, oui, mais aussi vulgaire, égocentrique, brutal, souvent odieux. Son regard sur le réel est biaisé, furieux, parfois franchement pénible.
C’est par lui que Transmetropolitan interroge la vérité, la subjectivité et la responsabilité de celui qui raconte le monde. Spider Jerusalem sait percer le mensonge politique, mais il reste lui-même un personnage profondément abîmé. C’est ce frottement-là qui compte.
Le cœur de Transmetropolitan se trouve dans son assaut contre la corruption, les médias transformés en spectacle et la mécanique du pouvoir, surtout à travers l’affrontement de Spider Jerusalem avec deux présidents américains successifs. Le message, lui, n’a rien perdu de sa netteté : chercher la vérité et la publier compte encore. C’est aussi pour ça que critiques et lecteurs continuent de voir dans la série l’un des sommets du genre.
Le parcours de Darick Robertson a lui aussi aidé le titre à rester au centre des discussions pop culture. Le dessinateur a ensuite co-créé The Boys, dont l’adaptation télévisée est devenue un énorme succès. En 2026, lors d’une interview, il disait même que certaines situations imaginées dans Transmetropolitan lui paraissaient désormais moins relever de la fiction.
Pour l’instant, les rumeurs d’adaptation continuent de circuler, mais aucun projet concret n’a été lancé. Warren Ellis a déjà expliqué qu’un passage à l’écran serait compliqué, notamment à cause du budget qu’exigerait la recréation de l’univers visuel extrêmement dense de la série. Mieux vaut donc rester prudent.
En attendant, Transmetropolitan se trouve encore facilement en librairie et en édition collector, avec des recueils en 10 tomes ainsi que des éditions Absolute, d’après DC Comics. Pour qui cherche un comic cyberpunk mordant, drôle, répugnant et d’une lucidité presque méchante, il y a peu de concurrents. On vous tiendra informés.