Volvo a annoncé aujourd’hui, par communiqué, un nouvel élargissement de son partenariat avec Nvidia. L’idée est de mettre au point un système de conduite automatisée de nouvelle génération pour ses futurs véhicules, et pas seulement pour sa gamme électrique actuelle. Mais il y a un point à garder en tête dès le départ : dans un premier temps, on parle bien de conduite supervisée. Le conducteur restera responsable du véhicule.
Le cap fixé par Volvo est assez lisible. Le constructeur suédois veut combiner son savoir-faire historique en matière de sécurité avec la plateforme matérielle et logicielle de Nvidia, afin d’aboutir, à terme, à des fonctions de conduite automatisée capables de fonctionner aussi bien sur autoroute qu’en environnement urbain. Là encore, pas de saut brutal vers une voiture qui se débrouille seule : la première étape restera celle d’une conduite supervisée, avec un conducteur qui garde la main et la responsabilité.
Volvo rappelle que sa collaboration avec Nvidia dure depuis près de dix ans.
Aujourd’hui déjà, plusieurs modèles électriques de la marque embarquent des puces Nvidia DRIVE Orin, notamment le Volvo EX90. Cette nouvelle phase va toutefois bien plus loin. Volvo parle cette fois d’une architecture conçue pour s’étendre à plusieurs types de véhicules, électriques, hybrides rechargeables et thermiques, et à plusieurs marchés dans le monde. Un détail attire au passage l’attention : la Chine ne figure pas dans le périmètre annoncé par Volvo.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, Volvo n’a donné ni le montant de l’accord, ni le coût que cela pourrait représenter plus tard pour les clients, ni même le nom du premier modèle concerné. Le constructeur se limite à évoquer un véhicule entièrement nouveau, attendu à moyen terme, mais avant 2030, toujours selon Volvo. On vous tiendra au courant.
Sur le plan technique, Volvo veut assembler plusieurs briques de l’offre Nvidia : l’architecture de capteurs et de calcul Hyperion, la plateforme logicielle de conduite Alpamayo, ainsi que la couche d’évaluation de sécurité Halos. L’objectif, d’après le constructeur, est de bâtir une base commune capable de couvrir des usages très différents, depuis les voies rapides jusqu’aux rues urbaines, forcément plus chargées et plus complexes.
Nvidia insiste notamment sur une approche redondante, avec plusieurs voies logicielles et plusieurs modes de perception qui tournent en parallèle. Le système s’appuiera sur des caméras, des radars, et aussi sur des outils de simulation, de validation et de développement censés améliorer la fiabilité d’ensemble.
Sur ce que le produit promet réellement, Volvo reste mesuré. La première marche sera celle d’une conduite assistée avancée, mais toujours supervisée : le conducteur devra rester attentif, et il restera juridiquement responsable.
Plus loin dans le calendrier, la marque vise des fonctions plus ambitieuses. D’abord des usages mains libres. Ensuite, des scénarios dans lesquels le conducteur n’aurait plus à garder les yeux en permanence sur la route. Et, à un stade encore supérieur, des situations précises où il n’aurait plus à surveiller activement le système, en ville comme sur autoroute, selon Volvo. Bref, mieux vaut ne pas s’emballer trop vite.
Cette annonce s’inscrit aussi dans une transformation plus profonde chez Volvo. Le constructeur veut sortir d’un modèle automobile classique, largement rythmé par les équipementiers et organisé par gammes de véhicules, pour aller vers une maîtrise beaucoup plus directe de son propre socle technologique.
Sa filiale logicielle Zenseact s’appuie déjà sur la plateforme de calcul Nvidia DGX pour entraîner en interne ses modèles de conduite, toujours selon Volvo. En parallèle, le groupe prépare aussi la suite côté matériel embarqué : après Nvidia DRIVE Orin, la prochaine étape s’appelle déjà Nvidia DRIVE Thor, une plateforme annoncée à jusqu’à 1 000 TOPS, contre 250 TOPS pour Orin, d’après Nvidia et Volvo.
Reste maintenant à voir à quel moment cette stratégie prendra une forme concrète sur la route, et ce que cela changera, très précisément, pour les conducteurs.