War of the Worlds, le film de Steven Spielberg porté par Tom Cruise, est bien le long-métrage qui semble le plus proche de quitter le catalogue de HBO Max autour du 1er novembre, si l’on se fie aux informations affichées par HBO Max pendant la préparation de cet article. Certaines reprises ont semé le doute en citant Le Dernier Samouraï, mais, à ce stade, c’est bien War of the Worlds qui paraît être le titre à surveiller de près.
Cette confusion a au moins eu un effet positif: elle remet Le Dernier Samouraï dans la lumière, alors qu’il reste l’un des films les plus aboutis de la carrière de Tom Cruise. Derrière la figure de superstar qu’on croit parfois inébranlable, l’acteur est souvent plus fort quand il incarne des hommes cassés, minés par la honte, ou simplement à la recherche d’une forme de rachat.
Pour l’instant, tout ce que montre HBO Max va davantage dans le sens d’un retrait de War of the Worlds que de Le Dernier Samouraï. Si la plateforme bouge, nous mettrons cet article à jour.
HBO Max : War of the Worlds semble bien être le départ à surveiller
Si vous aviez prévu de revoir un grand Tom Cruise sur HBO Max, c’est sans doute War of the Worlds qu’il faut lancer d’abord.
Sorti en 2005, le film de Steven Spielberg a dépassé les 604 millions de dollars au box-office mondial, pour un budget estimé à 132 millions. Il a aussi décroché trois nominations aux Oscars.
Avec le temps, War of the Worlds a connu une vraie remontée dans l’estime critique. Son travail sur le son, ses visions de Tripodes, sa mise en scène physique, presque suffocante, reviennent souvent dans les éloges. Même chose pour Tom Cruise, qui joue ici dans un registre plus terre à terre que d’habitude: un père ordinaire, dépassé de partout, pris dans une catastrophe qui le déborde complètement.
Le film est d’ailleurs réapparu dans les classements streaming de plusieurs pays. Signe assez simple, le public est toujours là.
Pourquoi Le Dernier Samouraï reste l’un des meilleurs rôles de Tom Cruise
Ça n’enlève rien à Le Dernier Samouraï, sorti en 2003 et mis en scène par Edward Zwick. Cette grande fresque historique reste l’un des cas les plus parlants de ce que Tom Cruise fait le mieux: glisser de la fragilité dans un personnage qui pourrait, sur le papier, n’être qu’une figure héroïque de plus.
On l’a déjà vu dans Days of Thunder, Jerry Maguire ou, dans un tout autre ton, Tropic Thunder: Tom Cruise devient souvent plus captivant quand il laisse entrer les fissures. Dans Le Dernier Samouraï, cette vulnérabilité traverse le film entier. Elle tient ensemble l’ampleur visuelle du projet et sa musique, qui appuie encore davantage sa dimension tragique.
Nathan Algren, un héros en ruine qui cherche sa rédemption
Tom Cruise y joue Nathan Algren, ancien soldat de l’Union, traumatisé, engagé pour former l’armée impériale japonaise en pleine phase de modernisation. Mais le personnage traîne surtout le poids de son passé dans les campagnes américaines contre les peuples autochtones, avec, en arrière-plan, la bataille de Washita River, souvent décrite comme un massacre.
Lorsque Nathan Algren tombe aux mains des samouraïs, Le Dernier Samouraï glisse progressivement du récit militaire vers une histoire de reconstruction. Cet homme ivre, amer, porté sur l’autodestruction, commence peu à peu à retrouver un sens à sa vie.
La relation avec Katsumoto donne au film sa vraie force
Le vrai centre émotionnel de Le Dernier Samouraï, c’est la relation entre Nathan Algren et Katsumoto, incarné par Ken Watanabe. Katsumoto n’est jamais ramené à l’image facile d’un Japon figé dans la tradition: c’est un homme réfléchi, curieux, parfois drôle, et parfaitement conscient que le changement finira par s’imposer.
C’est cette estime réciproque, bâtie lentement, qui donne au film sa force. Le Dernier Samouraï puise bien dans l’histoire japonaise, en particulier dans la rébellion de Satsuma de 1877 et dans la figure de Saigo Takamori, dont Katsumoto reprend librement certains traits, mais le film tient surtout comme une grande épopée romanesque. Et c’est là que Tom Cruise touche juste: pas en héros invulnérable, mais en homme blessé qui essaie enfin de mériter une seconde chance.