Microsoft a expliqué, en ce début d’année 2026, que sa priorité pour Windows 11 n’était plus d’empiler les nouvelles fonctions. L’objectif immédiat serait plutôt d’améliorer les performances, la fiabilité et l’expérience au quotidien. D’après l’entreprise, ce virage intervient alors que Windows 11 a passé le seuil symbolique du milliard d’utilisateurs au début de 2026.
Ce discours n’a rien d’anodin. Derrière ce chiffre impressionnant, la situation est plus nuancée : avec la fin du support de Windows 10 en octobre 2025, des millions d’utilisateurs sont passés à Windows 11 par obligation bien plus que par envie.
Depuis sa sortie, Windows 11 traîne à peu près les mêmes reproches dans la presse spécialisée, sur les forums et dans les retours d’experts : des bugs qui durent, des ralentissements sur des machines d’entrée ou de milieu de gamme, des logiciels préinstallés jugés trop présents, une télémétrie mal perçue, des intégrations imposées, et jusqu’à de la publicité dans le système.
Pour beaucoup de gens, le vrai problème n’est pas le manque de nouveautés. C’est cette somme de petites frictions sur les tâches les plus basiques : démarrer rapidement, rester stable, éviter le superflu, garder un peu plus la main sur sa machine.
Si Microsoft se remet vraiment à travailler sur ces bases-là, ce sera peut-être plus important qu’une grande annonce produit.
Au moment où nous écrivons ces lignes, les rumeurs autour de Windows 12 restent floues. Certaines spéculations parlent encore d’un lancement en 2026, mais plusieurs rapports récents présentent aussi le projet supposément baptisé « Hudson Valley » comme une grosse mise à jour de Windows 11, pas comme un nouveau système d’exploitation. Autrement dit, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’un vrai Windows 12 est sur le point d’arriver.
Et, curieusement, ce ne serait pas forcément une mauvaise chose : sortir une nouvelle version sans avoir corrigé les problèmes les plus visibles de Windows 11 reviendrait surtout à les repousser d’un cran.
Les réactions négatives qu’on a vues dans la presse spécialisée et chez les utilisateurs autour de fonctions comme Recall ont déjà montré une chose : les paris les plus spectaculaires de Microsoft ne déclenchent pas automatiquement l’enthousiasme. Nous vous tiendrons au courant.
Le milliard d’utilisateurs reste un cap symbolique majeur. Mais il ne raconte pas toute l’histoire.
Côté grand public, l’adoption a largement été poussée par la fin annoncée de Windows 10. Côté entreprises, le passage a été plus lent, à cause des exigences matérielles, du coût du renouvellement des parcs et du risque de perturbation opérationnelle. Dans le monde professionnel, la nouveauté pèse moins lourd que la prévisibilité.
Mieux vaut donc garder une certaine prudence. À ce jour, il n’existe pas de grande enquête indépendante, récente et largement reprise, qui mesurerait précisément la satisfaction des utilisateurs de Windows 11 à l’échelle mondiale. Le tableau négatif repose surtout sur la couverture des médias spécialisés, les forums et les retours d’experts. Cela ne veut pas dire qu’il est faux, mais il reste difficile à chiffrer.
Microsoft, d’ailleurs, ne décide plus seul de ce que doit être l’expérience Windows. Sous la pression du Digital Markets Act, l’entreprise a déjà été contrainte d’offrir plus de contrôle aux utilisateurs de l’Espace économique européen, avec la possibilité de désinstaller certaines applications préinstallées, dont Microsoft Edge.
C’est plutôt une très bonne nouvelle, parce que ce point rappelle quelque chose de simple : les demandes les plus fortes autour de Windows portent aussi sur le choix, la simplicité et la maîtrise du système. Avant de vendre le rêve d’un Windows 12, Microsoft doit donc encore montrer qu’il sait rendre Windows 11 vraiment agréable à utiliser.
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