Sur Netflix en ce moment, la série en 5 épisodes qu’on cite souvent parmi les adaptations live-action d’anime les plus convaincantes côté combats, c’est Yu Yu Hakusho, pas Blue Eye Samurai. La précision compte. Yu Yu Hakusho adapte bien en prises de vues réelles le manga de Yoshihiro Togashi, alors que Blue Eye Samurai est une série d’animation pour adultes dont la première saison compte 8 épisodes. Les deux brillent dans l’action, mais on ne parle pas du même format.
Si Yu Yu Hakusho s’est fait remarquer, ce n’est pas parce qu’elle colle parfaitement au matériau d’origine. Ce qui frappe surtout, c’est l’énergie des affrontements. L’adaptation compresse énormément de matière en seulement cinq épisodes, donc elle doit foncer, parfois expédier des développements importants du manga et de l’anime. Malgré ça, beaucoup estiment qu’elle garde l’esprit de l’œuvre, grâce à son versant surnaturel et, plus encore, à la façon dont elle met ses combats en scène.
L’exemple qui revient le plus souvent, c’est l’affrontement entre Yusuke et le démon Gouki. La scène marche parce qu’elle fait cohabiter un ennemi surnaturel avec une chorégraphie très physique, très ancrée au sol. Coups de poing, réflexes, déplacements brusques, décor mis à contribution: tout ça donne une vraie sensation de bagarre de rue.
Même lorsque les effets visuels tirent un peu vers le kitsch ou semblent moins crédibles, le poids des impacts et la clarté de l’action rattrapent largement le reste. C’est même, d’une certaine manière, là que la série gagne des points. Les créatures, les pouvoirs et le CGI rappellent parfois les limites d’une adaptation très stylisée, mais la chorégraphie échappe souvent au piège de la démonstration vide.
Chaque combat ne sert donc pas juste à exhiber des effets. Yu Yu Hakusho conserve un vrai sens du contact, de l’urgence, de la brutalité, et c’est ça qui aide l’illusion à tenir.
Pour beaucoup de spectateurs, c’est ce qui sauve la série et ce qui donne à Yu Yu Hakusho une vraie personnalité dans le catalogue Netflix.
Blue Eye Samurai, de son côté, mérite aussi sa réputation, mais pour autre chose. La série suit Mizu, une escrimeuse métisse en quête de vengeance dans le Japon de l’époque Edo, au XVIIe siècle. Créée par Michael Green et Amber Noizumi, Blue Eye Samurai puise, d’après ses créateurs, dans leur propre histoire familiale: leur fille, et cette idée de grandir en se sentant différente dans une société historiquement homogène. Saluée par la critique, la série affiche 97 % sur Rotten Tomatoes et 88 sur Metacritic. Son animation hybride 2D/3D emprunte autant aux estampes japonaises qu’au théâtre de marionnettes bunraku, tandis que ses scènes de combat sont louées autant pour leur beauté visuelle que pour ce qu’elles racontent.
Même en restant une série animée, Blue Eye Samurai revendique une sensibilité très live-action. Ça se sent dans la supervision de Jane Wu, passée par des productions Marvel et Game of Thrones, avec en plus une formation en arts martiaux. Les scènes ont été pensées comme de vrais morceaux de bravoure chorégraphiés.
D’après l’annonce de Netflix, Blue Eye Samurai a déjà obtenu des saisons 2 et 3, et la deuxième est attendue pour janvier 2027. Donc si vous cherchez la série Netflix en 5 épisodes dont tout le monde vante les combats en live-action, c’est Yu Yu Hakusho. Et si vous voulez l’une des meilleures séries d’action du catalogue, Blue Eye Samurai en fait clairement partie elle aussi, sauf que ce n’est pas un live-action.