Qualcomm et SpaceX visent 2027 pour lancer le déploiement de Starlink Mobile aux États-Unis. Leur idée est de réunir, sous une même offre, la 5G terrestre et la connectivité par satellite, avec un objectif affiché sans détour : faire émerger un quatrième grand réseau mobile national.
Mieux vaut quand même garder la tête froide.
Cette échéance ne veut pas dire que le grand public y aura accès tout de suite. Entre le tempo industriel, la construction du réseau et les contraintes réglementaires, un lancement commercial plus large semble plus crédible au début de 2028.
La cible, elle, est évidente : AT&T, T-Mobile et Verizon.
Pour y arriver, Starlink Mobile ne compte pas reposer sur les seuls satellites Starlink. Le modèle annoncé est hybride, avec des infrastructures 5G terrestres dans les zones urbaines et périurbaines, et une couverture satellitaire dans les régions rurales ou isolées. SpaceX présente le projet comme une réponse directe aux zones blanches, aux appels qui coupent et au manque de continuité dès qu’on s’éloigne des grands centres, avec la promesse d’une connectivité plus régulière à l’échelle du pays.
Le chantier s’annonce énorme.
Le déploiement terrestre devrait passer par des dizaines de milliers de sites d’antennes-relais à travers les États-Unis. Ça donne tout de suite la mesure de l’investissement nécessaire si Starlink Mobile veut devenir un vrai opérateur national.
Sur le plan technique, Qualcomm explique que le réseau s’appuiera sur les plateformes d’infrastructure DragonWing QRU100 et QDU100. Au programme : prise en charge de la 5G terrestre et du massive MIMO 64T64R, pour améliorer la capacité du réseau et la couverture, surtout dans les zones denses. Qualcomm présente aussi cette base comme un point d’appui pour de futures fonctions d’intelligence réseau, voire pour une évolution vers la 6G.
L’annonce de Qualcomm et SpaceX ne se limite donc pas au satellite.
Starlink Mobile précise peu à peu sa place sur le marché américain et aurait déjà avancé sur la question du spectre radio, d’après Qualcomm et SpaceX. Et selon plusieurs informations de marché, SpaceX discuterait avec Boost Mobile.
Si ces mouvements se confirment, ils pourraient nettement muscler l’entrée de SpaceX dans les télécoms grand public. En attendant un lancement complet aux États-Unis, Starlink continue d’élargir ses services Direct to Cell via des partenaires, parmi lesquels T-Mobile, Rogers, KDDI, Optus, Telstra, One NZ, Salt, Entel, Globe, Airtel, Vivo, Banglalink et CNT. Pour l’instant, ces offres restent surtout centrées sur le SMS, avec parfois de la voix et des données très limitées dans les zones privées de couverture classique.
Il reste pas mal d’inconnues.
Le prix final n’a toujours pas été annoncé. Les autorisations réglementaires, l’accès au spectre, les accords nécessaires pour implanter les antennes et la capacité réelle du satellite à offrir une expérience proche de celle des réseaux terrestres pèseront lourd sur le calendrier.
Et c’est peut-être en ville qu’il faudra le plus tempérer l’enthousiasme. Les acteurs du secteur le rappellent : en environnement urbain dense, la connectivité satellitaire devrait rester un complément, pas le cœur du service. Autrement dit, Starlink Mobile peut rebattre les cartes sur la couverture nationale, sans pour autant bouleverser tout de suite l’usage mobile quotidien dans les grandes villes.
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Author: Manuel Bosque
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