Blade Runner 2099, la mini-série de huit épisodes de Prime Video, arrivera le 25 novembre, d’après la plateforme. Et, comme l’a confirmé Silka Luisa, elle ne sera pas reliée de façon directe à Blade Runner 2049. L’idée de Prime Video est assez nette: faire de cette série un point d’entrée accessible, qu’on ait vu ou non Blade Runner, le film de 1982, puis sa suite sortie en 2017.
Pour la plateforme, ce choix compte. Blade Runner 2099 n’a pas été pensée comme une simple prolongation pour les fans déjà à bord depuis longtemps, mais comme une histoire qui peut tenir seule, dans l’un des univers de science-fiction les plus marquants du cinéma.
La série se déroule pourtant dans le même monde, une cinquantaine d’années après le film de Denis Villeneuve, si l’on s’en tient aux informations données par Prime Video. Ce qui surprend un peu, c’est qu’elle ne fera pas du grand choc de Blade Runner 2049 son moteur principal.
En clair, les conséquences immédiates de la révélation centrale du film, surtout tout ce qui touche à l’enfant de Deckard et Rachael, ne devraient pas porter le récit. Et, au vu de ce qui a été montré jusqu’ici, des personnages comme K, Deckard ou Ana Stelline ne devraient pas occuper le devant de la scène, s’ils apparaissent tout court. L’intention semble assez lisible: donner à la franchise une identité télévisuelle nouvelle.
Blade Runner 2099 reposera aussi sur un renversement de pouvoir qu’on n’avait pas encore vu dans la saga. Là où Blade Runner 2049 montrait encore un équilibre précaire, la nouvelle série se situe après un soulèvement des réplicants. Ils dominent désormais, tandis que les humains ont glissé au rang de citoyens de seconde zone, toujours selon Prime Video. C’est plutôt une bonne nouvelle pour relancer la saga, tant Blade Runner a toujours travaillé les rapports de domination, la peur de l’Autre et cette frontière trouble entre l’humain et l’artificiel.
Au centre, Michelle Yeoh jouera Olwen, une Blade Runner réplicante vieillissante, arrivée au bout de son parcours. Hunter Schafer incarnera de son côté Cora, une humaine qui se fait passer pour une réplicante, d’après Prime Video.
Leur parcours passera par une traque liée à un réplicant renégat, un point de départ très fidèle à l’ADN noir et existentiel de la licence. Identité fabriquée, survie, finitude: la série devrait revenir aux obsessions classiques de Blade Runner, la mortalité, l’oppression et la question de savoir ce qui fait encore l’humain. Silka Luisa a aussi laissé entendre que le projet irait chercher autant du côté des films que de Do Androids Dream of Electric Sheep ? de Philip K. Dick.
Blade Runner 2099 prendra donc la forme d’une série limitée de huit épisodes sur Prime Video, et l’ensemble sera mis en ligne le 25 novembre, selon la plateforme. Ridley Scott, réalisateur du Blade Runner original, reste attaché au projet comme producteur exécutif, toujours d’après Prime Video. Son implication créative paraît toutefois assez mesurée, ce qui renforce l’impression d’une œuvre qui veut exister par elle-même, plus que d’un simple prolongement tourné vers le passé.