En 2026, acheter une console coûte plus cher qu’au lancement de cette génération. La PlayStation 5 de Sony, les Xbox Series X|S de Microsoft et la Nintendo Switch 2 de Nintendo ont toutes vu leurs prix grimper. D’après Jefferies et S&P Global Market Intelligence, la raison tient surtout aux droits de douane et à la hausse du coût des composants. Résultat, en cette fin de cycle, la question du rapport qualité-prix prend le dessus. Et sur ce point, Nintendo encaisse mieux le choc que Sony et Microsoft.
C’est tout le paradoxe du moment: au lieu de suivre la trajectoire habituelle et de devenir plus abordables avec le temps, les consoles ont renchéri, parfois franchement, alors que la période des achats de fin d’année approche.
Du coup, le choix ne se joue plus seulement sur les exclusivités ou sur la fiche technique. Ce qui compte vraiment, c’est ce qu’on obtient pour le prix demandé. Et à ce petit jeu, Nintendo semble mieux tenir que ses concurrents.
Chez Jefferies, les analystes ramènent l’essentiel du problème à deux causes: les droits de douane et le renchérissement des composants. À cela s’ajoute une tension qui dure sur la mémoire DRAM et NAND, portée par l’appétit des centres de données, et qui maintient les coûts à un niveau élevé.
Toujours selon Jefferies, cette pression sur les prix de la mémoire pourrait se prolonger jusqu’à la fin 2026. Un véritable retour à l’équilibre entre l’offre et la demande ne serait plutôt attendu qu’à l’horizon 2028.
Dans ces conditions, les fabricants rognent sur les promotions et acceptent beaucoup moins facilement de vendre le matériel à perte. Jefferies estime d’ailleurs que Sony et Microsoft sont nettement moins disposés à subventionner leurs consoles sur cette génération, ce qui réduit fortement la possibilité de voir arriver de vraies baisses de prix.
Nintendo, de son côté, a relevé de 50 dollars le prix de la Nintendo Switch 2 au 1er septembre, faisant passer la console de 449 à 499 dollars. Et malgré cette hausse, c’est encore, dans cette sélection, l’option grand public la moins chère.
Les bundles vont plus loin encore. On trouve notamment une édition Nintendo Switch Sports Resort à 529 dollars, ainsi qu’un pack Mario Kart World à 549 dollars.
Chez Sony, la note grimpe davantage. En mars 2026, le groupe a augmenté de 100 dollars ou plus le prix de la PS5 standard, de la PS5 Digital Edition et de la PS5 Pro, après une première hausse déjà appliquée en août 2025.
La PS5 Pro reste la vitrine premium de la gamme. Elle offre de meilleures performances et un rendu visuel supérieur. Mais plus les tarifs montent, plus son rapport qualité-prix se retrouve mis à l’épreuve.
Et le marché commence à réagir. Selon S&P Global Market Intelligence, le prix de vente moyen aux États-Unis a atteint 529 dollars pour Xbox et 597 dollars pour PlayStation en 2026.
Dans le même temps, S&P Global Market Intelligence anticipe une baisse de 19,5 % des livraisons mondiales de consoles cette année, à 33,9 millions d’unités.
Nintendo fait figure d’exception dans ce tableau. D’après les prévisions de S&P Global Market Intelligence, la marque expédierait 17,1 millions de Nintendo Switch 2 en 2026, contre 13,2 millions de PS5 et seulement 2,5 millions de Xbox Series X|S.
S&P Global Market Intelligence décrit aussi la Nintendo Switch 2 comme la console la plus vendue de l’année aux États-Unis, à la fois en volume et en chiffre d’affaires.
À mesure que les consoles traditionnelles deviennent plus chères, d’autres options paraissent de plus en plus crédibles: Steam Deck, PC portables pensés pour le jeu, consoles rétro portables, sans oublier le cloud gaming. Dans plusieurs marchés où le mobile domine, notamment en Amérique latine, en Afrique et en Asie du Sud-Est, l’accessibilité pèse souvent plus lourd que la course à la puissance.
Au fond, en 2026, le meilleur achat n’est plus forcément la machine la plus puissante. Pour beaucoup de foyers, ce sera simplement celle dont le prix reste encore à peu près supportable.
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