Avec sa sortie en mars 2026, Project Hail Mary a relancé une comparaison qui revient de plus en plus souvent : celle entre Andy Weir et Star Trek. Porté par Ryan Gosling, mis en scène par Phil Lord et Christopher Miller, le film a dépassé les 684 millions de dollars au box-office mondial pour un budget estimé à 200 millions, d’après Box Office Mojo. Son succès remet au premier plan ce qui, chez Weir, rappelle si fortement l’univers imaginé par Gene Roddenberry : la science, l’ingéniosité et la coopération.
Andy Weir, pourtant, n’a jamais signé la moindre histoire officielle de Star Trek.
Et malgré ça, de plus en plus de fans parlent de lui comme de l’auteur qui en saisit aujourd’hui le mieux l’esprit. De The Martian à Project Hail Mary, ses romans redonnent une place centrale à la science, à la débrouillardise et au travail collectif, trois idées qui renvoient directement à la vision des débuts de Star Trek.
Ce lien tient peut-être d’abord à une chose : Andy Weir aime les récits de compétence.
Dans ses livres, les personnages ne s’en sortent pas parce qu’ils seraient élus par le destin ou sauvés par une technologie sortie de nulle part. Ils avancent parce qu’ils comprennent le problème, le découpent étape par étape, puis trouvent une solution à partir de connaissances solides. C’était déjà, au fond, l’un des grands plaisirs du Star Trek classique : regarder des équipages extrêmement qualifiés affronter l’inconnu avec méthode, curiosité et sang-froid.
Weir a fait de cette mécanique sa marque de fabrique.
Son écriture, souvent directe et très tournée vers l’action, réussit à rendre accessibles des idées scientifiques pourtant complexes. C’est aussi ce qui donne à ses histoires une portée qui dépasse largement le cercle des lecteurs de hard science-fiction : elles parlent de science sans sacrifier l’élan de l’aventure.
S’il faut retenir un titre en particulier, c’est sans doute Project Hail Mary qui nourrit le plus clairement ce rapprochement.
Le roman suit un astronaute isolé, forcé de collaborer avec une espèce extraterrestre pour sauver leurs deux mondes. Difficile de trouver un motif plus proche de Star Trek : la rencontre avec une autre forme de vie, l’exploration de l’inconnu, puis la coopération entre espèces au service d’un intérêt commun.
Et ce n’est pas un détail.
Là où beaucoup de blockbusters de science-fiction préfèrent le cynisme ou l’idée d’une catastrophe sans fin, Andy Weir reste profondément optimiste. Chez lui, l’humanité a ses failles, bien sûr, mais elle demeure capable d’intelligence, de solidarité et de réponses collectives face à des crises planétaires. C’est précisément ce souffle positif qui fait écho au ton longtemps associé à Star Trek depuis la création de la franchise dans les années 1960.
La comparaison devient encore plus intéressante quand on sait qu’Andy Weir lui-même a souvent revendiqué son attachement à Star Trek.
L’écrivain s’est déjà présenté comme un fan de longue date et, d’après plusieurs récits, il aurait même proposé à Paramount un projet de série Star Trek. Sans succès.
En mars 2026, Andy Weir a aussi fait parler de lui pour ses critiques d’une bonne partie du Star Trek récent, tout en saluant Strange New Worlds et Lower Decks. Ces prises de position ont nourri les débats en ligne, mais elles ont surtout remis en pleine lumière une idée déjà largement installée : si l’on cherche aujourd’hui une science-fiction populaire, accessible et profondément confiante dans la raison, il se pourrait bien qu’Andy Weir écrive le Star Trek que la franchise, elle-même, n’offre plus toujours.
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