Nintendo publie un trimestre au-dessus des attentes: 300 millions remboursés gonflent la marge

Au 30 juin 2026, Nintendo a livré un premier trimestre largement au-dessus des attentes. D’après le groupe, le bénéfice d’exploitation a grimpé de 150,5 % sur un an, à 142,6 milliards de yens, tandis que le bénéfice net a augmenté de 53,5 %, à 147,4 milliards de yens, soit près de 933 millions. Les ventes de jeux ont clairement soutenu le trimestre, mais pas seulement: un remboursement ponctuel lié à des droits de douane américains, ensuite jugés illégaux, a aussi pesé dans la balance.

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Derrière ces chiffres, on retrouve donc l’activité jeux, mais aussi un effet ponctuel très puissant. Nintendo évoque un remboursement d’environ 300 millions lié à ces droits de douane américains finalement considérés comme illégaux. Comptabilisée comme une baisse du coût des ventes après l’annulation des surtaxes imposées dans le cadre de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), cette somme a gonflé mécaniquement la marge. Nintendo ne prévoit pas de la reverser à ses clients.

Ça n’enlève rien au fait que le cœur de métier, les jeux, a aussi bien résisté. Selon Nintendo, les ventes de logiciels Nintendo Switch 2 ont progressé de 9,2 % sur un an. Plus surprenant, les jeux de la première Nintendo Switch ont, eux, bondi de 38,6 %, ce qui a permis d’amortir des tendances plus mixtes du côté du matériel.

Sur le hardware, les chiffres racontent une histoire un peu moins linéaire. Nintendo dit avoir vendu 3,82 millions de Nintendo Switch 2 sur le trimestre, contre 5,82 millions un an plus tôt. Le niveau reste malgré tout supérieur aux 2,49 millions d’unités écoulées au trimestre précédent, et les ventes cumulées de la console atteignent désormais 23,68 millions. Autrement dit, l’élan ralentit par rapport à l’an dernier, mais la base installée continue de s’élargir, et les utilisateurs continuent d’acheter des jeux.

Aux États-Unis, en revanche, le sujet devient nettement plus délicat. Nintendo y fait face à une action collective. D’après la plainte, des clients reprochent au groupe d’avoir gardé les remboursements de droits de douane tout en maintenant des prix artificiellement gonflés.

La réponse de Nintendo tient en peu de mots. L’entreprise estime que les consommateurs n’ont pas droit à cet argent, au motif qu’elle aurait absorbé l’essentiel du coût des surtaxes au lieu de le répercuter pleinement dans ses prix. Le groupe soutient aussi que les éventuelles hausses sont restées modestes et ciblées, que les acheteurs ont bien reçu les produits pour lesquels ils ont payé, et demande donc le rejet de la plainte.

Cette défense passe d’autant moins sous le radar que Nintendo a relevé le prix de certains matériels Nintendo Switch au cours de l’année écoulée. Et surtout, le prix américain de la Nintendo Switch 2 passera de 450 à 500 à partir du 1er septembre 2026, officiellement à cause du coût des composants et des conditions de marché, toujours selon Nintendo.

Forcément, le décalage alimente la polémique. Sony se retrouve d’ailleurs confronté à une plainte comparable autour des remboursements liés à la PlayStation. Pour Nintendo, le trimestre est excellent. Pour son image auprès des consommateurs, l’affaire, elle, est loin d’être terminée.

Cybercriminalité: la facture mondiale dépasse désormais 1 240 milliards par an

Une nouvelle analyse de Comparitech fait grimper fortement l’addition de la cybercriminalité à l’échelle mondiale. Le cabinet parle désormais de 1 240 milliards de pertes directes par an, pour environ 130,9 millions de victimes. Dans sa précédente estimation, publiée fin 2023, Comparitech avançait 88,5 millions de victimes et 714 milliards de pertes.

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Dit plus simplement, Comparitech constate deux choses à la fois: les attaques se multiplient, et chaque affaire coûte plus cher. La perte moyenne est maintenant estimée à 9 468 par victime, contre 8 069 auparavant. Ce niveau traduit des escroqueries en ligne plus élaborées, et surtout mieux ciblées.

Il faut quand même garder une réserve sur cette estimation. Le calcul de Comparitech ne couvre que les pertes directes subies par les victimes. Tout ce qui relève des coûts indirects, interruption d’activité, frais juridiques, remise en état des systèmes, perte de confiance, reste en dehors du périmètre. Si l’on élargit la vue, Cybersecurity Ventures estime de son côté que le coût total de la cybercriminalité pourrait atteindre 10 500 milliards en 2025.

Les États-Unis restent, très largement, le pays le plus coûteux en valeur absolue dans l’analyse de Comparitech: 6,7 millions de victimes et 138,9 milliards de pertes, soit environ 20 731 par victime. C’est plus du double de la moyenne mondiale. D’autres études citées dans le secteur racontent la même histoire. D’après elles, les pertes cyber déclarées aux États-Unis auraient encore bondi de 33 % en 2024, à 16,6 milliards, avec une poussée marquée des fraudes financières et des escroqueries à l’investissement.

L’Inde présente un profil presque inverse. Comparitech y recense le plus grand nombre de victimes, avec 18,8 millions de cas estimés, mais une perte moyenne beaucoup plus basse, autour de 835 par personne. À l’autre bout, toujours d’après Comparitech, l’Espagne, la France, la Suède et la Turquie tournent chacune autour de 10 000 de pertes par victime. La Chine compterait, selon la même analyse, 1,2 million de victimes pour 11,5 milliards de pertes, soit près de 9 583 par incident.

La Russie apparaît plus bas dans le classement de Comparitech, avec 3 659 par victime. Dans le même temps, le nombre de cybercrimes signalés y aurait reculé, si l’on reprend les données compilées par Comparitech, passant de 775 000 en 2024 à 663 000 en 2025.

Du côté des causes, les pertes proviennent toujours surtout de la fraude en ligne, du phishing et des rançongiciels, d’après Comparitech. Les arnaques à l’investissement, en particulier celles qui gravitent autour des cryptomonnaies, font partie des plus dévastatrices. Le phishing, lui, reste l’une des portes d’entrée les plus courantes, porté par l’envoi quotidien de milliards de courriels malveillants, selon les éléments repris par Comparitech.

Pour les entreprises, le tableau n’est pas plus rassurant. D’après les données citées par Comparitech, le coût moyen mondial d’une violation de données a atteint 4,88 millions en 2024, en hausse de 10 % sur un an, avec la santé en tête des secteurs les plus touchés. Les paiements moyens liés aux rançongiciels auraient eux aussi augmenté, toujours selon ces données relayées par Comparitech, pour atteindre environ 2 millions en 2024.

Au fond, les pertes directes des particuliers ne racontent qu’une partie de l’histoire. Si on y ajoute les dégâts pour les entreprises et les effets sur les services essentiels, la cybercriminalité pèse désormais comme l’une des grandes menaces économiques du monde numérique.

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Atlas of Surveillance permet désormais de vérifier si Flock surveille votre ville

Depuis juillet 2026, l’Atlas of Surveillance met enfin quelque chose de très concret entre les mains du public : un moyen de vérifier quelles technologies de surveillance policière sont utilisées près de chez soi, aux États-Unis. Cette base publique est portée par l’Electronic Frontier Foundation (EFF) et l’université du Nevada à Reno.

L’Electronic Frontier Foundation le présente comme le plus vaste répertoire public du pays consacré aux technologies de surveillance policière. En juillet 2026, l’ensemble dépasse 15 000 points de données.

Un moteur de recherche pour voir quels outils de surveillance sont utilisés près de chez vous

L’idée de l’Atlas est directe. Donner au public, aux journalistes et aux défenseurs des libertés civiles la possibilité de voir quels dispositifs sont employés dans leur région. La base recense un éventail très large d’outils : caméras-piétons, drones, reconnaissance faciale, lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation, les fameux ALPR.

Flock Safety apparaît parmi les systèmes les plus présents. L’entreprise fait partie des grands fournisseurs d’ALPR aux États-Unis. Elle affirme que ses caméras sont utilisées par les forces de l’ordre dans plus de 4 000 villes, qu’elles aident à élucider autour de 2 200 crimes par jour, et que les données de détection de véhicules sont, en règle générale, conservées pendant 30 jours.

Pourquoi les caméras Flock concentrent autant de critiques

Du côté des élus et des services de police, ces caméras sont vendues comme des outils efficaces pour retrouver des véhicules volés, suivre les déplacements de suspects ou faire avancer plus vite une enquête. Du côté des défenseurs de la vie privée, la question déborde largement ce cadre. À partir de quel moment la sécurité cesse-t-elle d’être un argument suffisant et glisse-t-elle vers une logique de surveillance de masse ?

L’American Civil Liberties Union (ACLU), l’Electronic Frontier Foundation (EFF) et d’autres organisations estiment qu’un usage généralisé des ALPR permet de suivre les déplacements d’un très grand nombre de personnes, y compris quand elles ne sont soupçonnées d’aucune infraction.

Et le point sensible ne se limite pas à la lecture d’une plaque. Ce qui inquiète aussi, c’est l’accumulation de milliers de passages. Mis bout à bout, ils peuvent faire apparaître des habitudes, des visites médicales, des lieux de culte, ou encore des déplacements liés à des activités politiques.

Un projet construit à partir de documents publics et du crowdsourcing

D’après l’Electronic Frontier Foundation (EFF), l’Atlas of Surveillance ne s’appuie ni sur les promesses marketing des entreprises ni sur les seuls communiqués officiels des autorités. Les données sont rassemblées à partir d’un travail qui mêle journalisme de données, demandes d’accès aux documents publics et informations envoyées par des contributeurs. L’objectif affiché par l’EFF est clair : rendre plus transparentes des pratiques qui, pour le grand public, restent souvent difficiles à repérer.

Cette question de transparence prend encore plus de poids à mesure que la contestation monte. Dans plusieurs villes américaines, l’usage des caméras Flock suscite une opposition de plus en plus visible. Un exemple récent l’a montré : le Los Angeles Police Department (LAPD) a suspendu leur utilisation après un audit du bureau de l’inspecteur général, qui a fait remonter des inquiétudes sur la protection de la vie privée, le contrôle et le partage des données.

Pour les habitants, l’Atlas of Surveillance ne règle évidemment pas à lui seul le débat sur la surveillance. Mais il donne au moins un point de départ tangible : savoir quels outils sont déjà installés, puis poser des questions avant qu’ils ne finissent par se fondre dans le décor du quotidien.

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