New York publie ses règles: vérification d’âge pour les fils algorithmiques

New York a rendu publiques les règles d’application définitives du SAFE for Kids Act, la loi signée par la gouverneure Kathy Hochul en juin 2024. Ce texte obligera les plateformes à vérifier l’âge de leurs utilisateurs et, pour les moins de 18 ans, à limiter l’accès aux fils d’actualité algorithmiques ainsi qu’aux notifications push envoyées la nuit. D’après le Bureau de la procureure générale de l’État de New York, l’entrée en vigueur est fixée au 25 janvier 2027, soit 180 jours après sa publication au State Register, attendue le 29 juillet 2026.

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Dans les faits, les plateformes visées devront contrôler l’âge de leurs utilisateurs puis restreindre plusieurs fonctions pour les mineurs, comme le prévoient ces règles définitives.

Le point central concerne les fils d’actualité algorithmiques, ces flux personnalisés pensés pour capter l’attention et maximiser l’engagement. Par défaut, les mineurs ne pourront plus y accéder sans accord parental. À la place, les services devront leur afficher un fil chronologique fondé sur les comptes qu’ils suivent déjà, conformément au SAFE for Kids Act.

Même logique pour les notifications push entre minuit et 6 heures du matin : elles seront bloquées par défaut, sauf si un parent en autorise l’envoi, selon la version finale du texte.

Et si cette autorisation n’est pas donnée, les plateformes ne pourront pas, pour autant, bloquer un mineur sur le reste du service. Elles ne pourront pas non plus l’empêcher d’effectuer des recherches précises. Les restrictions devront rester limitées aux fonctions directement visées par la loi.

Pas sur tout le Web.

Les règles ciblent les plateformes de réseaux sociaux qui diffusent du contenu généré par les utilisateurs, mais sous une condition bien précise : au moins 20 % du temps passé par les utilisateurs doit l’être sur des fils d’actualité algorithmiques, d’après les règles publiées par l’État de New York.

Point plus surprenant, les adultes devront eux aussi confirmer leur âge s’ils veulent accéder à ces fils recommandés ou recevoir des notifications pendant la nuit. Le texte l’assume clairement : il s’agit d’éviter que les plateformes déclarent tout le monde « adulte » par défaut, sans véritable contrôle derrière.

New York n’impose pas une seule méthode de vérification, mais fixe un niveau de fiabilité à atteindre. Les systèmes de vérification de l’âge devront notamment repérer les tentatives de contournement dans 98 % des cas, selon les règles d’application définitives.

Les entreprises pourront passer par une pièce d’identité. Mais elles devront aussi proposer au moins une autre option, sans document officiel, par exemple une analyse d’image ou de vidéo, ou encore une vérification fondée sur des données d’âge déjà associées à une adresse e-mail ou à un numéro de téléphone.

Sur la vie privée, le texte essaie de répondre aux critiques. Les données collectées devront être supprimées dès qu’elles auront servi, ou anonymisées, et les plateformes n’auront pas le droit de les réutiliser à d’autres fins.

Les mineurs pourront demander à un parent de débloquer les fonctions restreintes, à condition d’accepter que ce parent soit contacté.

Ce consentement pourra ensuite être retiré, aussi bien par le parent que par l’enfant. Les plateformes n’auront pas à partager l’historique de recherche du mineur ni les thèmes qu’il a consultés pour obtenir cet accord, selon les règles publiées par l’État de New York.

En cas de manquement, les sanctions pourront grimper jusqu’à 5 000 dollars par infraction. Cette loi s’inscrit dans une offensive plus large menée par l’État de New York sur la sécurité des enfants en ligne, aux côtés du Child Data Protection Act.

Reste une inconnue de taille : des recours en justice paraissent très probables. Des groupes technologiques et des défenseurs des libertés civiles jugent que ces règles pourraient empiéter sur la vie privée et sur la liberté d’expression.

Le terrain juridique, lui, est en train de bouger. La Cour suprême des États-Unis a récemment montré plus d’ouverture envers certaines obligations de vérification d’âge, notamment dans une affaire texane portant sur les sites pour adultes.

TikTok de nouveau face à Washington : son chef de la sécurité auditionné le 15 septembre

Selon la Chambre des représentants, TikTok devra revenir s’expliquer devant les élus américains le 15 septembre. Will Farrell, responsable de la sécurité de TikTok aux États-Unis, doit témoigner devant la commission spéciale de la Chambre chargée du Parti communiste chinois. Ce sera la première audition publique d’un dirigeant de l’entreprise depuis l’aboutissement, en janvier 2026, de la refonte de l’actionnariat américain de l’application. Et à Washington, les doutes n’ont pas disparu : beaucoup continuent de se demander si la séparation entre TikTok et sa maison mère chinoise, ByteDance, est réelle ou surtout affichée.

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Les parlementaires veulent l’entendre sur trois sujets très précis : la protection des données, la cybersécurité et la marge d’influence que ByteDance pourrait encore garder sur les activités américaines de TikTok, d’après la convocation de la commission. Au fond, la question posée à Washington n’a pas changé d’un pouce. Est-ce que Pékin peut encore, directement ou par ricochet, accéder aux données des utilisateurs américains ou influer sur la manière dont la plateforme fonctionne ?

C’est justement Will Farrell qui supervise les mécanismes censés bloquer tout accès de ByteDance aux données américaines. Son audition devrait donc porter, très concrètement, sur l’architecture technique mise en place, sur les règles d’accès en interne et sur les garanties de gouvernance promises après la restructuration.

Depuis la cession, l’activité américaine de TikTok passe par TikTok USDS Joint Venture LLC. ByteDance a gardé 19,9 % du capital, tandis que le contrôle a basculé vers un groupe d’investisseurs où l’on retrouve Oracle, Silver Lake et MGX, un fonds installé à Abou Dhabi. Détail difficile à ignorer : ce seuil de 19,9 % tombe juste sous la barre des 20 % fixée par la loi américaine de 2024 pour définir le contrôle par un « adversaire étranger ». Sur le plan juridique, TikTok reste dans les limites prévues. Sur le plan politique, le sujet continue de brûler.

Mieux vaut d’ailleurs avancer avec prudence. Très peu d’éléments opérationnels ont été rendus publics, qu’il s’agisse du lieu réel de stockage des données, des personnes autorisées à y accéder, du degré d’autonomie du management américain, ou des liens techniques, commerciaux et financiers qui subsistent avec ByteDance.

Une bonne partie de la ligne de défense de TikTok repose encore sur Oracle et sur « Project Texas », un dispositif évalué à environ 1,5 milliard, censé garantir que les données américaines soient stockées et sécurisées hors de portée de ByteDance. Pour beaucoup d’élus, pourtant, cela ne suffit pas à clore le dossier.

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L’algorithme de recommandation reste l’un des points les plus délicats. ByteDance devrait continuer à le concéder sous licence à l’entité américaine, ce qui laisserait intacte une influence potentiellement majeure sur la circulation des contenus et, plus largement, sur le fonctionnement même de l’application. L’absence annoncée du PDG de TikTok US, Adam Presser, risque aussi d’agacer certains parlementaires. Will Farrell apparaît comme le témoin central dès qu’il est question de sécurité, mais il est forcément plus limité dès qu’on touche aux choix stratégiques et à la gouvernance.

Cette audition arrive après plusieurs années de bras de fer déclenchées par le Protecting Americans from Foreign Adversary Controlled Applications Act de 2024, la loi qui forçait ByteDance à vendre TikTok sous peine d’interdiction aux États-Unis. La Cour suprême l’a validée en janvier 2025, ce qui a provoqué une brève interruption du service avant une série de suspensions dans l’application des mesures, le temps de trouver puis de finaliser un repreneur.

Le 15 septembre, c’est donc une part non négligeable de la crédibilité de TikTok aux États-Unis qui se jouera.

Google Maps affiche enfin le compteur de vitesse sur Android Auto : le déploiement commence

Selon les premiers retours venus des bêta-testeurs, Google commence à activer un compteur de vitesse en temps réel dans Google Maps sur Android Auto chez une poignée d’utilisateurs. La fonction rapproche enfin l’application de ce que Waze propose depuis longtemps, mais on n’en est pas encore à un déploiement large.

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Les signalements parlent d’une mise en route très limitée, sans doute réservée à la bêta, avec une activation côté serveur plutôt qu’une mise à jour visible d’un coup pour tout le monde. Un premier témoignage repéré au Canada mentionne l’apparition de l’option chez un utilisateur bêta équipé de Google Maps en version 26.29.02.946673643. Autrement dit, la diffusion semble encore minuscule.

Ce qui surprend, c’est que ce compteur de vitesse existe déjà depuis belle lurette dans Google Maps sur Android et sur iPhone. Il a même débarqué sur Google Maps via Apple CarPlay en juillet 2024. Du coup, son absence sur Android Auto, qui reste pourtant la plateforme auto de Google, faisait franchement tache. Ça ressemblait plus à un retard accumulé qu’à une décision produit assumée.

Le fonctionnement, lui, ne déroutera personne. On reste sur quelque chose de très proche de ce que connaissent déjà les utilisateurs de Waze ou de Google Maps sur smartphone. Pendant une navigation active, Android Auto affiche la vitesse actuelle du véhicule à côté de la limitation en vigueur. Et si la voiture dépasse la vitesse autorisée, le compteur change de couleur pour attirer l’œil : d’abord jaune, puis rouge quand l’écart se creuse davantage.

D’après ces premiers retours de bêta-testeurs, hors trajet guidé, Google Maps n’afficherait que la vitesse en temps réel, sans montrer systématiquement la limitation.

Ça peut sembler mineur. Au quotidien, ça ne l’est pas tant que ça, surtout pour les conducteurs qui s’appuient d’abord sur l’écran embarqué pendant un trajet. C’est aussi pour ça que cette arrivée donne plus l’impression d’un rattrapage que d’une vraie nouveauté. Waze, qui appartient lui aussi à Google, embarque un compteur de vitesse depuis des années. Et les premières réactions vont clairement dans ce sens, entre le soulagement de enfin l’avoir et l’agacement de l’avoir attendu si longtemps.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, Google n’a toujours donné aucun calendrier précis pour un lancement mondial. Il reste aussi pas mal de questions ouvertes : la précision de l’affichage selon les régions, un éventuel effet sur la distraction au volant, ou la possibilité, plus tard, d’afficher aussi les limitations sans navigation active. Bref, mieux vaut encore avancer avec prudence.

Cette arrivée fait partie d’une vague de changements plus large dans Google Maps sur Android Auto. On peut citer Immersive View pour la navigation, mais aussi des alertes d’incident routier retravaillées pour être moins intrusives. Le compteur de vitesse n’a rien d’une révolution, mais il vient corriger une absence très visible. Nous vous ti tiendrons informés.