Rockstar n’a toujours pas relancé Bully, ce petit open world en milieu scolaire sorti sur PlayStation 2 le 17 octobre 2006, d’après Rockstar. Une partie des joueurs attend encore une suite, mais elle n’est jamais venue. Pas parce que le studio s’en fichait totalement, plutôt parce que les équipes dirigeantes de Rockstar avaient déjà la tête dans Max Payne 3, puis Red Dead Redemption, puis Grand Theft Auto V.
Dan Houser, cofondateur de Rockstar, avait expliqué que le vrai blocage tenait surtout à une question de « marge de manœuvre » créative. D’autres infos apparues par la suite ont aussi laissé entendre qu’une partie des ressources avait fini par glisser vers GTA 6.
Développé par Rockstar Vancouver, Bully, appelé Canis Canem Edit dans les pays PAL, reste un objet assez singulier dans le catalogue du studio. Rockstar était alors surtout identifié aux gangs, aux braquages, au crime organisé. Là, l’échelle changeait complètement: on suivait la vie d’un ado dans un pensionnat fictif de Nouvelle-Angleterre.
On y joue Jimmy Hopkins, envoyé à Bullworth Academy, avec la liberté de parcourir l’école et la ville voisine, de prendre des missions, de foutre le bazar ou de régler ses comptes avec les différentes cliques du campus, les bullies, les sportifs, les nerds, les greasers. Et pour ça, pas d’arsenal délirant: vélo, skateboard, scooter, lance-pierre, bombes puantes, batte de baseball. Tout reste à hauteur d’ado.
Et ça fonctionne encore aujourd’hui.
Les billes servent vraiment à faire trébucher ceux qui vous courent après, les bombes puantes à disperser un groupe. Rockstar reprenait donc sa formule habituelle, mais la ramenait à des conflits d’adolescents, où l’enjeu n’était plus de grimper dans la hiérarchie du crime. Il fallait surtout survivre à celle du lycée.
Avec ses personnages marquants, son ton satirique et une vraie personnalité, le jeu a largement bâti son succès critique là-dessus: 87/100 sur Metacritic, plus de 1,5 million d’exemplaires vendus selon Rockstar, et plusieurs récompenses de fin d’année.
Avant sa sortie, pourtant, Bully avait attiré les attaques de plusieurs responsables politiques et de groupes anti-harcèlement, qui redoutaient un jeu faisant l’éloge de la violence scolaire. Une fois la manette en main, une partie de la critique et des joueurs y a vu presque l’inverse: Jimmy passe une bonne partie de l’aventure à se dresser contre les harceleurs et contre des figures d’autorité franchement corrompues.
C’est sans doute aussi pour ça qu’il a si bien tenu dans le temps. Bully n’a jamais ressemblé à un simple GTA en plus petit. C’était une déclinaison bien plus audacieuse, et Rockstar ne s’y est plus vraiment essayé depuis.
Pour Bully 2, plusieurs rapports affirment qu’il est entré en préproduction à plusieurs reprises entre 2009 et 2013. Le projet serait même allé jusqu’à une petite démo jouable avant d’être abandonné. Depuis, rien de concret. Et plus les années passent, plus cette suite fantôme renforce son statut de jeu culte.
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