Christopher Barrett a trouvé un terrain d’entente avec Bungie et Sony Interactive Entertainment pour mettre fin au procès qu’il avait lancé après son licenciement en 2024, d’après des documents judiciaires et un communiqué commun. Les trois parties ont confirmé l’accord, sans en dévoiler les termes complets ni la somme versée. Le dossier était suivi de près dans l’industrie du jeu vidéo. Barrett réclamait jusqu’à 200 millions de dollars et accusait Bungie ainsi que Sony Interactive Entertainment d’avoir organisé son départ pour éviter de lui payer des dizaines de millions en actions déjà acquises et en bonus liés au rachat du studio par Sony Interactive Entertainment pour 3,6 milliards de dollars.
Procès Bungie-Sony : ce que règle l’accord avec Christopher Barrett
Dans sa plainte, Christopher Barrett expliquait avoir servi de bouc émissaire pour des problèmes commerciaux et d’image qui touchaient Bungie.
À l’en croire, son éviction ne relevait pas d’une simple mesure disciplinaire. Elle s’inscrivait, disait-il, dans une stratégie plus large visant à alléger les obligations financières apparues après l’acquisition du studio.
Sony Interactive Entertainment et Bungie ont toujours soutenu une version tout autre. Les deux entreprises affirmaient que Barrett avait été licencié pour faute, à l’issue d’une enquête interne sur des accusations de comportement inapproprié envers des employées.
L’accord met donc fin à un affrontement juridique qui pouvait devenir explosif, sans qu’un tribunal ait eu à départager publiquement ces deux récits complètement opposés.
Barrett se dit « très satisfait » de l’issue
Dans une déclaration diffusée après l’accord, Christopher Barrett s’est dit « très satisfait » du règlement trouvé. Il a ajouté que la clôture de cette affaire lui permettait désormais de se tourner vers la prochaine étape de sa carrière dans le jeu vidéo.
Le communiqué commun précise aussi que les parties ont reconnu ses 25 années de contribution chez Bungie.
Plus étonnant, le nom de Christopher Barrett a été ajouté aux crédits de Marathon comme directeur de jeu d’origine, un geste symbolique qui compte forcément dans un contexte pareil.
Barrett a occupé plusieurs postes majeurs chez Bungie, en travaillant notamment sur Destiny 2 et Marathon. Son départ n’avait donc rien d’anodin, ni en interne, ni du côté des fans du studio.
Un accord sur fond de période difficile pour Bungie
Ce règlement arrive alors que Bungie traverse une mauvaise passe. Le studio a subi d’importantes vagues de licenciements en 2023 puis en 2024, pendant que Sony enregistrait une perte de valeur de 766 millions de dollars liée à Bungie.
Cette dépréciation traduisait notamment des attentes revues à la baisse autour des performances de Destiny 2 et de Marathon, deux projets clés pour la suite de Bungie. Dans ce climat tendu, la fin de l’affaire Barrett retire au moins un dossier sensible de la pile.
Une grosse inconnue demeure pourtant : le prix réel de cet accord. Mieux vaut rester prudent. C’est aussi, sans surprise, le point le plus explosif du dossier, et il restera hors de la vue du public.
Suivez-moi sur Twitter : @pierrevitre