Sorti en octobre 2026, troisième film du Chapitre One: Gods and Monsters d’après DC Studios, Clayface occupe une place assez précise dans le DC Universe. Le film prépare l’arrivée de Batman en montrant une Gotham déjà rongée par les meurtres, la corruption et une menace devenue incontrôlable, sans faire intervenir le Chevalier Noir. Autrement dit, il montre pourquoi, tôt ou tard, Batman devait finir par entrer en scène.
Et pour ça, il y a un nom à retenir : John Borrelli.
Ce flic intègre prend ici une fonction que Batman occupe d’ordinaire dans les histoires de Gotham. C’est lui qui enquête, rassemble les indices, remonte les pistes, cherche ce qui s’est vraiment passé et essaie, tant bien que mal, de faire exister une forme de justice dans une ville qui paraît fabriquée pour casser les gens honnêtes. Le film en fait une sorte de relais provisoire du héros, mais avec des moyens autrement plus réduits.
C’est d’ailleurs là que le choix devient intéressant. En laissant Batman hors champ, Clayface échappe au simple caméo lancé pour faire applaudir la salle.
Le film préfère faire sentir, à travers l’échec partiel des institutions et les limites très concrètes d’un homme seul comme John Borrelli, que Gotham appelle une figure plus radicale. Du coup, l’arrivée officielle du personnage dans The Brave and the Bold se prépare sans forcer les choses.
DC Studios, ainsi que le réalisateur James Watkins, ont d’ailleurs pris soin de préciser que l’absence de Batman n’avait rien d’une incohérence.
Dans cette version du DCU, toujours selon DC Studios, Batman existe bel et bien. Simplement, Clayface reste centré sur l’histoire de Matt Hagen. Le choix s’inscrit dans une logique plus large : poser Gotham, ses fractures, ses monstres, avant d’y faire entrer pleinement celui qui est censé la protéger.
John Borrelli vient combler ce manque, sans que le film essaie une seule seconde de faire croire qu’il peut remplacer Batman pour de bon.
Il enquête sur les crimes liés à Clayface, il continue à chercher la vérité malgré la pression, et il tente de tenir face à une crise qui le dépasse clairement. Là où Batman aurait apporté une méthode, la peur et une force de frappe, John Borrelli n’a au fond que sa droiture. Le film est très clair là-dessus : Gotham peut encore produire des policiers intègres, des médecins animés de bonnes intentions et des citoyens prêts à se battre, mais ça ne suffit pas toujours.
Reste que le centre du récit, c’est Matt Hagen.
Le film suit sa chute, de personnalité publique à créature métamorphe, pendant que la Dre Caitlyn Corr essaie de le sauver avec un traitement expérimental qui finit, au contraire, par accélérer sa perte. Avec cette approche, Clayface se rapproche davantage de The Fly ou de Darkman que du blockbuster de super-héros le plus classique.
Les réactions critiques vont d’ailleurs dans ce sens. Plusieurs saluent la performance de Tom Rhys Harries ainsi que le travail sur les effets pratiques. D’autres, en revanche, trouvent le scénario plus prévisible.
Côté box-office, les premiers chiffres mis en avant par DC Studios donnent malgré tout de quoi défendre le pari du studio : avec un budget estimé entre 30 et 44 millions de dollars, Clayface a démarré à 43 millions dans le monde, dont 24 millions en Amérique du Nord et 19 millions à l’international. À cela s’ajoute un CinemaScore A-.
Et au fond, le plus intéressant n’est peut-être même pas là.
Après le premier clin d’œil aperçu dans Creature Commandos, Gotham existe désormais à l’écran avant même que Batman y retrouve sa place centrale. Clayface ne se contente pas de suggérer cette promesse, il la transforme en vraie nécessité narrative.
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