Après son passage en salles, Furiosa : Une saga Mad Max n’a pas trouvé son public au box-office mondial, et ce malgré des critiques très favorables. Le préquel signé George Miller, avec Anya Taylor-Joy en tête d’affiche, affiche pourtant 90 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes et le label « Certified Fresh ». En recettes, en revanche, le film s’est arrêté autour de 174,4 millions de dollars dans le monde, pour un budget estimé à 168 millions.
Aux États-Unis, le démarrage de Furiosa : Une saga Mad Max a très vite été vu comme une contre-performance, surtout quand on le compare à Mad Max: Fury Road, qui avait frôlé les 380 millions de dollars au box-office mondial. Pour beaucoup, Furiosa : Une saga Mad Max s’est déjà installé dans cette catégorie un peu triste des « grands films que personne n’a vus ».
Pourquoi « Furiosa » s’est planté au box-office malgré d’excellentes critiques
Sur le papier, le film cochait pourtant beaucoup de cases. George Miller à la mise en scène, une ambition visuelle intacte, Anya Taylor-Joy et Chris Hemsworth largement salués, tout était là. Mais l’attente suscitée par Mad Max: Fury Road, sorti presque dix ans plus tôt, était énorme.
Il y avait aussi un pari compliqué à faire passer : raconter un préquel sans Max Rockatansky au centre du récit. Et une partie du public attendait visiblement autre chose, sans doute une nouvelle course-poursuite tendue de bout en bout, alors que George Miller avait en tête un film d’une toute autre nature.
Un préquel plus lent, plus sombre, centré sur son personnage
Là où Mad Max: Fury Road avançait comme un bloc lancé à pleine vitesse, Furiosa : Une saga Mad Max prend une forme plus ample, plus romanesque. Le film suit son héroïne depuis l’enfance, dans la Terre Verte, puis à travers le meurtre de sa mère, sa captivité sous la coupe de Dementus, avant sa montée dans l’univers d’Immortan Joe.
George Miller livre donc moins un pur spectacle de vitesse qu’un véritable récit d’origine, presque une tragédie de survie et de métamorphose. C’est d’ailleurs l’une des grandes qualités du film : Furiosa : Une saga Mad Max s’attarde sur le chemin, sur la manière dont Furiosa devient celle que les spectateurs avaient découverte dans Mad Max: Fury Road. Et c’est peut-être là que le décalage s’est creusé. Ce qui a convaincu la critique a, à l’évidence, brouillé les attentes d’une partie du public, confrontée à une fresque plus lente, plus brutale, plus intérieure aussi.
Le film se rattrape en VOD
Après sa sortie au cinéma, Furiosa : Une saga Mad Max a montré de meilleurs signes de vie en vidéo à la demande, notamment sur iTunes et Fandango. Le message est assez simple : l’intérêt du public n’a pas disparu, il ne s’est juste pas transformé en entrées en salle.
Le parcours rappelle d’ailleurs celui de Mad Max: Fury Road, dont la réputation n’a fait que grandir avec le temps, en grande partie grâce au visionnage à domicile. Furiosa : Une saga Mad Max peut encore suivre ce chemin-là et gagner, avec les années, une réévaluation.
L’avenir de « Mad Max » se joue encore sur ces résultats
Cette seconde vie n’a rien d’anecdotique, parce qu’elle peut avoir des effets très concrets sur la suite de la franchise. George Miller a déjà laissé entendre que le prochain projet lié à Mad Max, le préquel The Wasteland, dépendrait au moins en partie de la rentabilité finale de Furiosa : Une saga Mad Max.
Il reste aussi le souvenir d’un tournage particulièrement éprouvant. Anya Taylor-Joy a raconté ne s’être « jamais sentie aussi seule », tandis que la production a assumé une démesure rare avec, d’après plusieurs récits, 78 jours de tournage consacrés à une seule séquence d’action d’environ 15 minutes. Le constat commercial est sévère, oui. Mais parler de ratage artistique, non.