Elon Musk a affirmé, dans un message publié sur X, que Grok Imagine livrerait d’ici la fin de l’année une adaptation de L’Odyssée qu’il dit “historiquement exacte” et “fidèle à l’art d’Homère”. Cette sortie s’inscrit aussi dans ses attaques publiques contre la future adaptation de Christopher Nolan, dont il critique ouvertement les choix artistiques.
Le message posté sur X répondait à un internaute qui avait partagé un court extrait inspiré de L’Odyssée, réalisé avec Grok Imagine, l’outil de création vidéo de son univers. C’est à partir de là que le patron de Tesla et SpaceX a lancé l’idée d’une œuvre complète, qu’il présente comme plus proche du texte antique que la version hollywoodienne en préparation.
À ce stade, Grok Imagine sait déjà générer de courtes scènes vidéo à partir d’instructions textuelles.
Mais passer de clips expérimentaux à un long métrage qui tienne vraiment debout, avec une continuité visuelle, une direction artistique qui ne varie pas d’une scène à l’autre et une narration soutenue, ce serait un saut énorme en quelques mois à peine. Mieux vaut donc garder une certaine réserve.
Cette prise de position prolonge surtout l’offensive d’Elon Musk contre le projet de Christopher Nolan. Le milliardaire oppose très clairement son idée à celle du cinéaste, qu’il accuse de s’éloigner du matériau d’origine.
La polémique s’est en particulier cristallisée autour du casting, et plus précisément autour de la présence de Lupita Nyong’o dans le rôle d’Hélène de Troie, un choix qu’Elon Musk juge infidèle à sa propre lecture de l’œuvre sur X. Le débat a alors très vite débordé vers les discussions américaines sur la représentation à Hollywood et vers les désormais classiques “guerres culturelles”.
Dans un autre échange sur X, Elon Musk est allé encore plus loin en expliquant qu’il soutiendrait volontiers une adaptation en prises de vues réelles signée Mel Gibson, avec des navires, des armures, des armes et des choix de distribution “historiquement exacts”, voire des dialogues en grec homérique.
Le plus curieux, c’est que cet argument bute sur un problème plus profond : pour beaucoup de spécialistes de l’Antiquité, L’Odyssée n’est pas un document historique, mais un récit mythologique né d’une longue tradition orale.
Le poème a traversé des siècles de transmission, de réécriture et de mise en forme. Résultat, il n’existe pas une version unique, définitive et indiscutable du texte “original”. Dans ces conditions, parler d’exactitude historique absolue relève bien plus d’un choix d’interprétation que d’un fait qu’on pourrait établir objectivement.
Et même si l’on laisse de côté le débat littéraire, la promesse d’une objectivité totale reste sujette à caution. Ce type d’outil s’appuie sur des corpus immenses et peut reproduire des stéréotypes, des angles morts ou des erreurs déjà présents dans ses sources.
La “fidélité” dépend alors des références choisies, des filtres appliqués et des partis pris esthétiques. Derrière ce face-à-face entre Musk et Hollywood, la vraie question reste entière : qui décide, au fond, de ce qu’est une Odyssée authentique ?