Au marché asiatique des contenus et du film, l’Asian Contents & Film Market (ACFM), organisé pendant le Festival international du film de Busan, Dwarf Studios a expliqué, par l’intermédiaire de la productrice Matsumoto Noriko, qu’il était à la recherche d’un nouveau partenaire à la fois financier et stratégique pour Hidari. Le studio japonais relance donc l’assemblage financier de son film de samouraï en stop-motion, après des discussions qui se sont enlisées avec une société américaine, alors même que Keanu Reeves reste attaché au rôle principal de la version anglaise de Hidari.
C’est Matsumoto Noriko qui a rendu l’information publique à l’ACFM, dans le cadre du Festival international du film de Busan.
Fait assez étonnant, si l’on en croit les propos de Matsumoto Noriko sur place, l’entreprise américaine s’était dite prête à couvrir la totalité du budget. En contrepartie, elle demandait l’ensemble des droits sur le film. Les échanges se sont finalement arrêtés là, sans qu’aucune raison précise n’ait été communiquée.
La présence de Keanu Reeves dans le projet reste malgré tout un argument de poids pour Hidari. Depuis l’annonce faite à Cannes, le film profite d’une visibilité internationale très forte, et ce n’est pas un détail au moment où Dwarf Studios essaie de remettre son financement à plat.
Pour un long métrage de stop-motion de cette ampleur, avoir avec soi une star mondiale du cinéma d’action compte forcément. D’autant plus que Hidari affiche une énergie de film de combat très contemporaine, avec un style que ses créateurs ont déjà rapproché, au moins en partie, de l’esprit de John Wick.
Pensé dès le départ comme un film en langue anglaise, Hidari puise dans la figure de Jingoro Hidari, sculpteur et charpentier gaucher devenu personnage légendaire de l’époque d’Edo. L’histoire suit ce héros dans un récit de trahison et de vengeance, entre artisanat, affrontements et folklore retravaillé.
L’un des atouts les plus forts du projet reste son identité visuelle. Le film repose sur des marionnettes sculptées à la main dans le bois, avec une matière et un grain très particuliers. Cette esthétique, souvent rangée sous l’étiquette « woodpunk », cherche à faire se rencontrer tradition japonaise, design tactile et scènes d’action très nerveuses.
Le long métrage s’inscrit dans la continuité d’un court métrage de démonstration révélé en 2023, puis devenu viral bien au-delà du Japon, notamment grâce à son animation artisanale spectaculaire et à son ton assez rare. Hidari est développé en coproduction par Dwarf Studios, Whatever Co. et TECARAT.
À ce stade, le film ne devrait pas être terminé avant 2029, d’après les informations données à l’ACFM. On en est donc encore loin. Cette nouvelle phase de recherche arrive toutefois à un moment où le stop-motion circule mieux sur les marchés internationaux, même si, pour un projet aussi singulier, l’équilibre entre protection de son identité créative et sécurisation du financement reste fragile.