Mise en ligne sur Netflix le 2 juillet 2026, la mini-série japonaise « Human Vapor », reboot en huit épisodes du film culte de la Toho sorti en 1960, a totalisé 24,3 millions d’heures de visionnage dans le monde au cours de sa deuxième semaine, d’après les chiffres communiqués par Netflix. De quoi confirmer sa progression dans les classements de la plateforme. Et, au passage, en faire un candidat très crédible parmi les succès internationaux de l’été.
Huit épisodes, donc. Et pas un projet apparu par hasard.
Netflix remet en circulation un classique du cinéma japonais, mais en le retravaillant pour aujourd’hui, avec quelque chose de plus sombre, de plus tendu, et très clairement pensé pour un public de streaming bien plus large que le seul Japon.
« Human Vapor » sur Netflix : un reboot sci-fi qui change radicalement le film original
À l’origine, « Human Vapor », c’est un film du studio japonais Toho sorti en 1960, un titre que connaissent bien les amateurs de vieille science-fiction japonaise.
La version produite par Netflix reprend cette base, mais la transforme en profondeur. Le film d’époque suivait avant tout un braqueur capable de se changer en vapeur. La série, elle, bifurque franchement vers le thriller.
L’histoire s’ouvre sur un meurtre retransmis en direct à la télévision, commis par une présence impossible à saisir, capable de se dissoudre en gaz.
À partir de là, l’enquête glisse vers un récit de traque surnaturelle, de paranoïa médiatique et d’abus de pouvoir. Ce déplacement du point de vue rend l’idée beaucoup plus lisible pour un public contemporain, sans faire disparaître ce qui faisait le cœur fantastique du film original.
Une collaboration inédite entre le Japon, la Corée du Sud et Toho
« Human Vapor » attire aussi l’attention par la façon dont le projet a été monté.
C’est une coproduction entre le Japon et la Corée du Sud. C’est aussi, d’après Netflix, la première collaboration entre Netflix et Toho sur une série de ce genre. Le résultat assemble assez bien deux traditions qui voyagent facilement hors de leur marché d’origine : les codes de la science-fiction japonaise d’un côté, la tension nerveuse des thrillers coréens de l’autre.
Dans l’équipe créative, le nom qui parle le plus au grand public reste sans doute Yeon Sang-ho, scénariste et producteur exécutif déjà associé à « Dernier train pour Busan » et « Hellbound ».
La mise en scène des huit épisodes a, elle, été confiée au réalisateur japonais Shinzo Katayama, qu’on a notamment remarqué sur « Gannibal ».
Netflix n’a manifestement pas fait les choses à moitié.
Toujours d’après la plateforme, le tournage a eu lieu dans 120 décors différents au Japon, et les effets visuels ont été pris en charge par Shirogumi, le studio oscarisé derrière « Godzilla Minus One ». Ça se voit à l’écran : transformations en nuage de gaz, ville filmée comme un piège, imaginaire tokusatsu en arrière-plan.
Côté audiences, les premiers chiffres laissaient déjà entendre que la série pouvait dépasser son seul ancrage local dès la première semaine.
Netflix indique que « Human Vapor » est entré dans le top 10 de six pays, parmi lesquels Hong Kong, la Corée du Sud et la Thaïlande, tout en décrochant la première place au Japon.
Les premiers retours critiques vont plutôt dans le bon sens.
Beaucoup mettent en avant l’ambition du projet, son univers visuel, ainsi que son travail autour des inégalités sociales et des dérives du pouvoir. Plus étonnant, certains reprochent aussi à la série un rythme par moments plus lent que ce que son point de départ laissait imaginer.
Pour Netflix, le plus important est déjà acquis : avec 24,3 millions d’heures de visionnage en deuxième semaine, selon les chiffres de la plateforme, « Human Vapor » a dépassé le stade de la simple curiosité SF. C’est désormais un lancement à suivre de très près.