Diffusée d’abord en Espagne sur Antena 3 en 2017, puis propulsée dans le monde entier par Netflix, La Casa de Papel reste le premier vrai blockbuster mondial non anglophone de la plateforme. C’est aussi l’un des exemples les plus nets de franchise réussie chez Netflix.
Bien avant Squid Game ou Lupin, ce thriller espagnol avait déjà pris une ampleur mondiale. Et ce qui frappe, c’est qu’au départ, personne n’avait pensé la série comme une machine appelée à durer pendant des années.
La série arrive en Espagne en 2017. Entre mai et novembre, Antena 3 en diffuse une première version composée de 15 épisodes plus longs, d’après la chaîne.
Puis Netflix la récupère, la remonte en 22 épisodes plus courts et la lance à l’international dans sa langue originale, selon Netflix. C’est à ce moment-là que tout bascule. Portée par le bouche-à-oreille, La Casa de Papel devient le premier grand programme non anglophone de Netflix à s’imposer comme un succès mondial.
Et, fait assez rare, cela arrive avant même que Netflix fasse de ses productions internationales un axe marketing majeur.
À l’origine, La Casa de Papel devait raconter une histoire complète, sans suite prévue. Mais l’accueil du public et les résultats en streaming ont changé la donne. Netflix a donc prolongé l’aventure bien au-delà de ce que le concept de départ laissait imaginer.
Au final, la série comptera cinq saisons, puis plusieurs prolongements, dont Money Heist: Korea – Joint Economic Area et le spin-off Berlin. Ce parcours reste peu courant chez Netflix, dont le bilan sur les franchises originales est, au mieux, inégal.
La plateforme sait fabriquer d’énormes succès. En faire des marques culturelles qui tiennent dans le temps, c’est autre chose. De ce point de vue, La Casa de Papel fait figure d’exception : un carton inattendu devenu saga mondiale, presque à contre-courant des méthodes les plus industrielles de Netflix.
Si la série a laissé une telle trace, c’est aussi à cause de sa mécanique narrative. Menée par le Professeur et racontée par Tokyo, elle joue sans relâche avec les points de vue, les flashbacks, les sauts dans le temps et les retournements de situation.
Chaque épisode redistribue les cartes et maintient une tension presque permanente autour des braquages, tout en donnant aux personnages une identité qu’on reconnaît tout de suite. Pour Netflix, c’était une excellente nouvelle. Et la victoire à l’International Emmy Award de la meilleure série dramatique en 2018 n’a fait que renforcer son statut de succès à la fois critique et populaire.
Le cas Army of the Dead montre d’ailleurs à quel point l’exercice est difficile. Le film de Zack Snyder avait démarré très fort, avec 75 millions de foyers touchés et 186,54 millions d’heures visionnées sur ses 28 premiers jours, selon Netflix.
Son préquel, Army of Thieves, a lui aussi affiché de solides chiffres : 49,64 millions d’heures visionnées et une place de numéro 1 dans plus de 90 pays, toujours selon Netflix. Malgré cela, la plateforme aurait annulé en août 2024 ses projets d’extension de cet univers, parmi lesquels la suite directe Planet of the Dead et la série animée Army of the Dead: Lost Vegas.
La vraie leçon de La Casa de Papel se trouve peut-être là. Sur Netflix, les univers qui durent ne viennent pas forcément des plans les plus ambitieux. Ils naissent souvent d’une série capable, à elle seule, de créer un attachement culturel mondial.
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