Avec Midnight Spider-Man #1, Marvel emmène Peter Parker dans quelque chose de bien plus noir et rebat une scène fondatrice entre toutes: la mort de l’oncle Ben. Le comic laisse presque de côté le ton super-héroïque classique pour faire basculer les débuts de Spider-Man dans le pur récit d’horreur, au prix d’une refonte majeure de la disparition de Ben Parker.
Le vrai choc de Midnight Spider-Man #1 se joue là: Ben Parker ne meurt plus à cause d’un cambrioleur. Dans cette version, il succombe après avoir été mordu par une araignée mutée que Peter Parker, encore adolescent, ramène sans le vouloir chez lui depuis Oscorp, d’après ce que montre le numéro de Marvel. Le drame ne vient donc plus d’un criminel en fuite. Il vient directement de la créature, qui devient elle-même la cause de la tragédie.
Midnight Spider-Man #1 assume franchement le body horror, si l’on se fie à ce que met en scène le comic Marvel. On y voit des monstres bio-organiques, des transformations grotesques, une imagerie gore appuyée. On est loin d’une simple version plus sombre du mythe habituel.
Ici, la morsure n’est plus seulement l’accident qui lance Peter Parker sur sa route. Elle devient un instrument de mort. Le venin s’attaque à la jambe de Ben Parker, fait très vite fondre sa chair, puis gagne le reste de son corps dans une séquence bien plus graphique que la mort traditionnellement associée au personnage, toujours selon le numéro.
Et ce choix ne sert pas seulement à frapper visuellement. Il déplace aussi la leçon morale au centre du mythe Spider-Man.
D’ordinaire, Ben Parker meurt parce que Peter Parker a laissé filer un voleur, et c’est de là que naît le célèbre principe de responsabilité. Dans Midnight Spider-Man #1, l’enchaînement tragique change complètement: Peter Parker se rend chez Oscorp malgré les avertissements de son oncle, et c’est cette désobéissance qui permet à l’araignée d’entrer dans la maison, d’après ce que raconte le comic Marvel. Au passage, le comic ajoute une couche émotionnelle de plus avec la mort du chat de Peter Parker, un incident très précoce qui annonce d’emblée que cette version de l’histoire ne suivra pas les règles habituelles.
L’origine de la créature passe par une expérience menée chez Oscorp autour du “Sujet n° 2518”, selon Midnight Spider-Man #1. Ce sujet est exposé à un cocktail de substances: méthandrosténolone, catalyseur de testostérone O-6, hormone de croissance mutante et radiations gamma. L’araignée est contaminée pendant le processus, devient monstrueuse, puis s’échappe.
Ce détail ancre encore davantage le numéro dans une logique de labo qui tourne mal et renforce son ADN horrifique bien plus qu’un imaginaire de pure heroic fantasy.
Cette lecture s’inscrit d’ailleurs dans une série récente de récits Marvel plus sinistres autour de Spider-Man, comme What If…? Dark: Spider-Gwen #1, où Peter Parker meurt en sauvant Gwen Stacy en amortissant sa chute, ou encore la mort confirmée du Spider-Man “Final Stand” dans Mary Jane: Face It, Tiger.
Il faut quand même garder une réserve: ces morts ne modifient pas la continuité principale de Spider-Man sur Terre-616. Marvel se sert régulièrement de ses univers alternatifs pour tester des versions tragiques du personnage sans toucher à son incarnation centrale.
Reste maintenant la question de la réception. Certains lecteurs vont aimer l’audace du parti pris et l’angle horrifique. D’autres y verront surtout une montée dans l’effet choc, au risque de s’éloigner du cœur émotionnel traditionnel de Spider-Man. Dans tous les cas, cette nouvelle version de Ben Parker a de fortes chances de laisser une trace.
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