Microsoft dit qu’il investira plus de 10 milliards de dollars au Moyen-Orient d’ici 2030. L’essentiel de l’effort ira vers les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït, où le groupe veut muscler son infrastructure cloud, ses moyens en cybersécurité et la capacité de ses services à tenir en cas de problème, dans une région devenue stratégique pour les géants de la tech.
Pour l’entreprise, ce programme répond directement à la montée des risques de sécurité, aux tensions géopolitiques et à une demande de plus en plus forte autour de la souveraineté numérique.
Dit plus simplement, Microsoft cherche à convaincre les gouvernements comme les entreprises qu’il peut leur apporter plus de protection des données, une meilleure continuité d’activité et des services fiables sur place.
Microsoft accélère dans le Golfe avec un plan de plus de 10 milliards
Le projet repose d’abord sur un point très concret : étendre l’infrastructure numérique dans la région.
Microsoft prévoit de faciliter l’accès à ses plateformes et à ses services en injectant de nouveaux moyens dans les centres de données, les réseaux, la sécurité et la redondance des systèmes.
Le terrain est déjà préparé.
Depuis des années, les pays du Golfe essaient de moins dépendre du pétrole et du gaz. Le numérique prend une place centrale dans leurs stratégies nationales, leurs services publics et leur appareil industriel.
Pour Microsoft, la région coche donc deux cases à la fois : un marché qui progresse vite, et des États prêts à dépenser massivement pour accélérer.
400 millions pour les câbles sous-marins et terrestres
Selon Microsoft, plus de 400 millions de dollars seront consacrés d’ici 2030 aux infrastructures de connectivité, en particulier aux câbles sous-marins et terrestres.
Le but est de faire mieux circuler les données, de rendre les réseaux plus fiables et d’éviter les ruptures de service quand un incident survient.
À ce stade, c’est même l’annonce la plus tangible.
Cette enveloppe s’ajoute à des engagements déjà visibles. Microsoft participe au câble SeaMeWe-6, qui relie Singapour à la France et passe par plusieurs points d’atterrissement dans le Golfe, notamment au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, toujours selon l’entreprise.
Pour les clients sur place, la promesse est assez simple : des connexions plus stables et de meilleures performances pour les services hébergés.
Formation, partenariats locaux et souveraineté numérique
Microsoft dit aussi vouloir aider plus de 4,2 millions de personnes à acquérir des compétences numériques avancées dans ces quatre pays d’ici 2030, soit environ 8 % de leur population totale.
L’engagement vise aussi bien les étudiants que les salariés et les agents du secteur public, alors que la transformation numérique accélère partout dans la région.
L’entreprise compte s’appuyer sur des partenariats renforcés avec des organismes nationaux spécialisés dans les technologies et la cybersécurité, surtout en Arabie saoudite et au Qatar.
Une partie de ce chantier concernera des outils linguistiques en arabe et en plusieurs autres langues, ainsi que l’adoption de nouveaux services numériques dans les administrations.
Microsoft n’arrive pas en terrain vierge.
D’après l’entreprise, elle exploite déjà des régions cloud aux Émirats arabes unis, au Qatar et en Arabie saoudite.
Elle avait aussi annoncé un investissement de 1,5 milliard de dollars dans le groupe technologique émirati G42. Et, selon Microsoft, une nouvelle région de centres de données en Arabie saoudite doit entrer en service en novembre 2026.
Au fond, Microsoft cherche à prendre une place plus profonde dans l’infrastructure numérique du Golfe, au moment même où la région revoit ses priorités économiques et technologiques.
Author: Manuel Bosque
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