Capcom n’y croit plus vraiment pour Monster Hunter: World sur Nintendo Switch 2. Ryozo Tsujimoto, producteur de la série, explique qu’un tel port demanderait de « refaire complètement le jeu » à partir de zéro. On parle donc d’une reconstruction en profondeur, pas d’une adaptation rapide, alors même que l’éditeur japonais a déjà les yeux tournés vers Monster Hunter Wilds sur la machine.
Pourquoi Monster Hunter: World ne devrait pas sortir sur Switch 2
Le nœud du problème, c’est la technique. Monster Hunter: World tourne sur une version modifiée du MT Framework, un moteur que Capcom a désormais laissé derrière lui, alors que l’éditeur travaille aujourd’hui presque partout avec le RE Engine depuis Monster Hunter Rise, y compris sur ses productions récentes et celles prévues pour la Nintendo Switch 2.
Du coup, la vraie question n’est visiblement pas la puissance brute de la console. Le casse-tête vient surtout du fait qu’il faudrait adapter un jeu conçu autour du MT Framework à une machine, et plus largement à une chaîne de production, qui reposent maintenant sur le RE Engine. Même avec une Nintendo Switch 2 plus puissante, le chantier resterait énorme.
Capcom mise d’abord sur ses jeux RE Engine
Ça se voit déjà dans les jeux que Capcom met en avant sur Nintendo Switch 2. Street Fighter 6, Pragmata, Onimusha: Way of the Sword et les derniers Resident Evil tournent tous sur le RE Engine. Forcément, ils s’intègrent beaucoup plus facilement dans la feuille de route actuelle de Capcom, et dans celle de Nintendo par la même occasion.
Monster Hunter: World, lui, vient d’un autre moment sur le plan technique. Vu sous cet angle, on comprend mieux pourquoi Capcom n’a pas l’air prêt à engager autant de moyens pour faire revenir, tardivement, le jeu sur une console Nintendo.
La priorité Monster Hunter sur Switch 2, c’est Wilds
Chez Capcom, les efforts vont clairement vers Monster Hunter Wilds. Le jeu est annoncé sur Nintendo Switch 2 pour le 4 décembre 2026, d’après Capcom, et son extension Ascendance est déjà calée pour 2027, toujours d’après Capcom.
La version Nintendo Switch 2 prendra en charge le cross-play, indique Capcom, avec du multijoueur local et des fonctions multijoueur multiplateforme également mentionnées par l’éditeur pour cette édition. Capcom a aussi donné ses objectifs techniques : en mode docké, Monster Hunter Wilds visera 30 images par seconde en 2 240 x 1 260 ou en 1 920 x 1 080 selon le mode retenu ; en portable, la cible sera de 30 i/s en 1 536 x 864. Les premiers retours parlent d’une fluidité plutôt stable, même si les concessions visuelles sautent aux yeux.
Un absent de poids pour les joueurs Nintendo
L’absence de Monster Hunter: World compte, forcément, puisqu’il s’agit du plus grand succès commercial de Capcom. En incluant Iceborne, le jeu a dépassé les 30 millions d’unités expédiées, selon les chiffres donnés par l’éditeur. Le jeu de base, à lui seul, avait déjà franchi les 25 millions d’exemplaires vendus en mars 2024, là encore d’après Capcom.
Sur les consoles Nintendo, la série a pourtant pris une autre direction. Les joueurs de la première Nintendo Switch ont eu Monster Hunter Rise et ses différentes versions, pendant que Monster Hunter: World restait cantonné aux consoles PlayStation et Xbox. Avec la Nintendo Switch 2, cette ligne de séparation a de bonnes chances de rester en place.