En 2026, Capcom marque les 20 ans d’Okami avec un site anniversaire, une série de produits dérivés, des concerts au Japon et un message de remerciement signé Hideki Kamiya. C’est ce qu’a annoncé l’éditeur.
La suite officielle d’Okami, révélée aux Game Awards 2024, est toujours en chantier d’après Capcom. Le jeu original, lui, était sorti au Japon le 20 avril 2006, puis en Amérique du Nord le 19 septembre de la même année. Il arrivait tout à la fin de l’ère PlayStation 2, presque au moment où la PlayStation 3 s’apprêtait à prendre la main.
À l’époque, Okami ne ressemblait pas au blockbuster calibré qu’on aurait pu attendre. Dans un catalogue PS2 saturé de suites et de licences déjà bien installées, Capcom avait tenté autre chose avec une nouvelle IP à l’identité visuelle immédiatement reconnaissable, très loin des standards du moment. Le jeu puisait dans la peinture japonaise à l’encre, le sumi-e, ainsi que dans l’estampe traditionnelle. C’est en grande partie cette direction artistique qui a forgé sa réputation. Encore aujourd’hui, Okami revient souvent dans les discussions sur les jeux les plus beaux et les plus singuliers de son époque, moins pour sa démonstration technique que pour l’unité et la force de son univers.
L’histoire met en scène Amaterasu, déesse du soleil réincarnée en loup blanc, dans un Japon réinventé sous une forme mythique. Elle doit repousser les ténèbres qui grignotent le monde, dans un récit nourri de folklore japonais, de spiritualité shinto et de figures comme Susano ou Orochi. Le ton passe de la poésie à l’humour, puis au symbolisme religieux, sans perdre pour autant une structure assez lisible pour rester accessible à un large public.
Les joueurs se souviennent aussi d’Okami pour son Pinceau Céleste. Le principe consiste à interrompre l’action pour « peindre » directement sur le monde et provoquer des effets comme le vent, le feu, ou encore la restauration de certains éléments du décor. Le système sert autant pour les énigmes que pour les combats et l’exploration, souvent à travers des pouvoirs associés à des constellations. C’est ce qui a valu au jeu tant de comparaisons avec The Legend of Zelda, sans pour autant lui faire perdre ce qui le distingue.
Et pourtant, ce classique a d’abord été un échec commercial, malgré un accueil critique remarquable. Avec un Metascore de 93 et plusieurs récompenses majeures, Okami a longtemps traîné cette réputation un peu paradoxale de « jeu de l’année » que tout le monde saluait, mais que peu de gens achetaient vraiment.
La situation a fini par changer avec Okamiden sur Nintendo DS en 2010, puis surtout avec Okami HD, la remasterisation sortie en 2017, qui a permis à la série de toucher un public beaucoup plus large. Okami HD est disponible sur PC. En juin 2026, les ventes cumulées de la franchise avaient dépassé les 4,8 millions d’exemplaires, d’après Capcom.
La suite, elle, est déjà sur les rails. Hideki Kamiya travaille avec son nouveau studio, CLOVERS Inc., et avec Capcom sur un épisode qui prolongera directement l’histoire d’Amaterasu, cette fois avec le RE Engine. Au début de 2026, Capcom présentait encore le projet comme lointain. L’équipe en était toujours au recrutement et affichait l’ambition de surpasser l’original. Vingt ans plus tard, Okami n’est plus seulement un jeu culte de la PS2. C’est devenu un classique reconnu, et l’un de ces rares titres dont la réputation a continué de grandir avec les années.