Dans Daredevil #6 et #7, les deux chapitres de l’arc « Of Moles & Owls » du run signé Stephanie Phillips et Lee Garbett chez Marvel Comics, Elektra revient à Hell’s Kitchen alors qu’une guerre de rue oppose plusieurs factions criminelles. Et, dès son retour, elle s’impose comme la présence la plus redoutable de la série. Elle prend tout de suite le dessus, sans effort apparent, et Marvel met moins l’accent sur sa létalité que sur quelque chose de plus troublant: son efficacité.
C’est avec « Of Moles & Owls » qu’Elektra fait sa première apparition dans le run de Stephanie Phillips et Lee Garbett, dans un arc en deux parties publié dans Daredevil #6 et #7.
Jusqu’ici, la série tirait déjà vers quelque chose de plus sombre, plus urbain, presque policier, surtout après un début marqué par l’arrivée d’Omen et par le retour de l’ombre d’un Wilson Fisk redevenu Kingpin. L’arrivée d’Elektra resserre encore la vis. Ce registre street-level gagne d’un coup en tension.
Silvermane, Tombstone, les hommes de main de Hammerhead et les Inner Demons de Mister Negative sont tous lancés sur la piste du registre de Wilson Fisk, un registre assez précieux pour provoquer une ruée générale dans Daredevil #6 et #7.
Sauf que c’est Elektra qui finit par mettre la main dessus dans Daredevil #6 et #7. Et ce que Marvel choisit de montrer d’abord est assez parlant. Ce n’est pas vraiment son potentiel meurtrier qui passe au premier plan, mais sa science du timing: savoir où frapper, quand frapper et, surtout, à quel moment s’arrêter.
La comparaison avec Punisher ou Wolverine vient assez vite. Chez eux, la violence est frontale, spectaculaire, presque démonstrative. Chez Elektra, le ressort est différent. Tout tient dans la maîtrise, une maîtrise si complète qu’elle en devient plus inquiétante encore.
Daredevil le dit d’ailleurs clairement dans cet arc: les Inner Demons qu’Elektra a mis hors d’état de nuire sont toujours vivants. Elle a donc balayé une force entière sans transformer l’affrontement en bain de sang. Et cette retenue, loin de l’adoucir, épaissit encore son aura.
Le portrait qui se dessine dans Daredevil #6 et #7, c’est celui d’une combattante au sommet de ce qu’un être humain peut faire. Son passé d’assassin, sa maîtrise d’élite des arts martiaux et son aisance avec les sai lui permettent d’écraser ses adversaires avec une précision presque clinique. Elektra ne cherche pas à faire du bruit. Elle cherche à remplir sa mission.
Reste maintenant à voir combien de temps Elektra gardera cette place au premier plan. Daredevil #8 est annoncé comme un nouveau point d’entrée et devrait déplacer l’attention vers le retour de Mr. Fear, associé à une nouvelle menace liée à la drogue à l’E.S.U.
Pour l’instant, l’importance future du ledger de Wilson Fisk reste assez floue. Mieux vaut donc ne pas aller trop vite dans les conclusions. Même si ce passage devait rester bref, Elektra a déjà rappelé en quelques pages qu’à Hell’s Kitchen, la précision peut faire plus peur que la rage.