Dimanche soir, Paramount n’avait toujours pas réussi à s’entendre avec la coalition de 12 procureurs généraux américains pour faire sauter le verrou sur son rachat de Warner Bros. Discovery. Le blocage menace de relancer l’offensive antitrust des États, et de faire encore grimper la facture du retard. D’après plusieurs médias américains, des discussions de dernière minute ont continué tout le week-end, sans déboucher sur un compromis dimanche soir.
L’enjeu est énorme pour le groupe. Faute d’accord, Paramount reste exposé à une procédure antitrust portée par les États, alors même que la pression financière pour boucler l’opération ne cesse de monter.
Pour l’instant, le nœud du dossier reste la plainte déposée par une coalition d’États emmenée par le procureur général de Californie, Rob Bonta. Leur but ne laisse guère de place au doute: empêcher Paramount de mettre la main sur Warner Bros. Discovery, au motif que l’ensemble issu de la fusion détiendrait un pouvoir jugé trop important sur deux marchés clés du divertissement, la sortie de films en salle et la télévision câblée.
Le plus étonnant, c’est que cette contestation continue alors que le ministère américain de la Justice avait, sous l’administration précédente, donné son feu vert à l’opération sans exiger la moindre concession. Les procureurs généraux des États, eux, ont décidé de poursuivre le bras de fer devant les tribunaux.
Pour éviter une bataille judiciaire qui pourrait durer, plusieurs options sont sur la table, d’après plusieurs médias américains. Parmi elles, la nomination d’un contrôleur indépendant chargé de surveiller CNN, sujet particulièrement sensible au vu des inquiétudes autour de l’indépendance éditoriale des grands médias du groupe.
Autre piste évoquée par plusieurs médias américains: imposer à la future entité un nombre minimal de sorties en salles chaque année. L’une des versions qui circulent fixerait ce seuil à 30 films par an, avec une pénalité financière si cet objectif n’était pas atteint.
Pour les exploitants, ce genre d’engagement compte beaucoup, les studios ayant réduit leurs calendriers de sorties ces dernières années. Des cessions d’actifs sont aussi évoquées par plusieurs médias américains, notamment certaines chaînes du câble comme Comedy Central, pour limiter la concentration sur ce segment.
Le principal point de friction semble désormais venir des procureurs généraux eux-mêmes, toujours selon plusieurs médias américains. Tous ne sont pas prêts à signer les termes discutés à ce stade.
L’État de New York pousserait pour arracher des protections plus solides pour les salariés, rapportent plusieurs médias américains. Le Connecticut, lui, réclamerait des garanties plus strictes sur l’indépendance éditoriale de CNN et de CBS News. Au moins deux autres États demanderaient aussi des concessions supplémentaires, preuve qu’un compromis final reste compliqué à verrouiller.
Pour Paramount, chaque jour compte. Le groupe devrait verser environ 7 millions de dollars par jour aux actionnaires de Warner Bros. Discovery pour toute journée de retard au-delà du 30 septembre, d’après plusieurs médias américains.
Dans ce climat, même une partie de l’industrie semble pencher pour une sortie négociée: selon plusieurs médias américains, Cinema United, l’organisation professionnelle qui représente les exploitants de salles, se serait rangée du côté d’un compromis plutôt que d’un contentieux qui s’éternise. Mais il faut rester prudent. Rien ne dit, à ce stade, que cela suffira à faire bouger les États les plus réticents. Nous continuerons à vous tenir informés.