Rien qu’en ordre de grandeur, remplacer le barrage hydroélectrique de Grand Coulee, dans l’État de Washington, par du solaire demanderait au bas mot 23 millions de panneaux de 500 watts. Grand Coulee produit autour de 21 milliards de kWh par an, tandis qu’un panneau solaire standard génère en gros entre 500 et 900 kWh par an selon l’ensoleillement, d’après les chiffres de l’U.S. Energy Information Administration. Dit comme ça, le volume donne déjà le tournis. Et ce total ne dit encore rien d’un point décisif: avoir de l’électricité au moment où il en faut.
C’est là que tout se joue. Produire autant d’énergie sur une année n’a rien à voir avec remplacer, dans les faits, une infrastructure entière. Grand Coulee, ce n’est pas seulement une énorme machine à fabriquer des kWh. C’est aussi une source d’électricité pilotable, capable de soutenir le réseau quand la demande grimpe.
Le solaire, lui, produit surtout le jour et reste tributaire de la météo, alors que l’hydroélectricité peut être mobilisée bien plus facilement à la demande. Et un barrage ne sert pas qu’à faire du courant. Beaucoup remplissent aussi d’autres fonctions: réguler les crues, stocker de l’eau potable, alimenter l’irrigation.
Dans ces conditions, un remplacement à l’identique paraît très peu réaliste, même quand les bilans énergétiques annuels, sur le papier, peuvent sembler proches.
Une étude publiée en 2019 dans Nature Sustainability montrait toutefois qu’à l’échelle des États-Unis, le solaire photovoltaïque pourrait, en théorie, produire autant d’électricité que l’ensemble des barrages hydroélectriques du pays. Les chercheurs estimaient qu’il faudrait pour cela environ 529 885 hectares de panneaux, soit à peu près la superficie du Delaware.
Plus surprenant encore, cette surface ne représenterait qu’environ 13 % des terres aujourd’hui occupées par les réservoirs hydroélectriques américains, toujours selon cette même étude publiée dans Nature Sustainability. Si l’on reste dans cette comparaison très théorique, le solaire apparaît donc nettement plus économe en surface que les grandes retenues d’eau liées aux barrages.
L’hydroélectricité fournit encore près de 6 % de l’électricité américaine, répartie sur plus de 1 400 centrales, selon l’U.S. Energy Information Administration.
Le solaire, de son côté, comptait pour environ 4 % du mix en 2023, toujours d’après l’U.S. Energy Information Administration. Mais sa progression va vite. L’agence anticipait même qu’en 2024, le solaire produirait 14 % d’électricité de plus que l’hydro. Cette montée en puissance tient en grande partie à la chute des coûts: depuis 2010, le prix des panneaux solaires a baissé d’environ 90 %, selon les données de l’U.S. Energy Information Administration. Des projets à grande échelle paraissent donc bien plus crédibles aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a dix ans.
Si l’idée de chercher des alternatives aux barrages progresse, ce n’est pas seulement pour une question de coûts ou de volume d’électricité. Il y a aussi leurs effets sur la migration des poissons, le piégeage des sédiments, les changements de température de l’eau, le frein mis à la restauration des plaines inondables, sans oublier le déplacement de certaines communautés autochtones. Et puis il y a l’âge de nombreuses infrastructures, avec tout ce que cela implique en matière de sécurité et de maintenance.
Du coup, de plus en plus de spécialistes ne raisonnent plus en termes de remplacement pur et simple des barrages par le solaire. Ils misent plutôt sur des systèmes hybrides: solaire flottant sur des réservoirs, ou installations photovoltaïques directement sur des sites hydroélectriques, comme on en voit notamment en Thaïlande et en Allemagne. L’idée est assez simple: profiter des connexions déjà en place sur le réseau et associer la production solaire en journée à la souplesse de l’hydro.
En bref, le solaire peut rivaliser avec l’hydro sur le volume annuel. Le remplacer entièrement, c’est une autre affaire.
Author: Manuel Bosque
{
"social": {
"email": "",
"facebook": "",
"twitter": "",
"linkedin": ""
},
"ja-JP": "",
"de-DE": "Manuel Bosque schreibt bei Softonic über Software: Desktop-Programme, Produktivitätswerkzeuge und kleine Tools, die ein Problem wirklich lösen. Sein Maßstab ist praktisch — was ein Programm tatsächlich leistet, was es dafür verlangt und für wen es sich lohnt —, deshalb misstraut er Funktionslisten und testet lieber selbst. Er gehört zum Team, das festlegt, wie Software auf der Seite behandelt wird, und arbeitet täglich mit KI-Werkzeugen in der redaktionellen Produktion.",
"en-US": "Manuel Bosque covers software at Softonic: desktop programs, productivity tools and the small utilities that solve one problem well. His approach is practical — what a program actually does, what it asks in return and who it is for — which is why he distrusts feature lists and prefers to test. He is part of the team that decides how software gets covered on the site, and works daily with AI tools applied to editorial production.",
"es-ES": "Manuel Bosque se ocupa de la cobertura de software en Softonic: programas de escritorio, herramientas de productividad y utilidades pequeñas que resuelven bien un solo problema. Su criterio es práctico —qué hace realmente un programa, qué pide a cambio y a quién le sirve—, y por eso desconfía de las listas de funciones y prefiere probar. Forma parte del equipo que decide cómo se cuenta el software en la web y trabaja a diario con herramientas de IA aplicadas a la producción editorial.",
"fr-FR": "Manuel Bosque couvre les logiciels chez Softonic : programmes de bureau, outils de productivité et petits utilitaires qui résolvent bien un seul problème. Son approche est pratique — ce qu'un logiciel fait vraiment, ce qu'il demande en échange et à qui il s'adresse —, d'où sa méfiance envers les listes de fonctionnalités et sa préférence pour l'essai. Il fait partie de l'équipe qui définit la manière de traiter le logiciel sur le site et travaille au quotidien avec des outils d'IA appliqués à la production éditoriale.",
"it-IT": "Manuel Bosque si occupa di software su Softonic: programmi per il desktop, strumenti di produttività e piccole utility che risolvono bene un solo problema. Il suo criterio è pratico — cosa fa davvero un programma, cosa chiede in cambio e a chi serve — e per questo diffida degli elenchi di funzioni e preferisce provare. Fa parte del team che decide come si racconta il software sul sito e lavora ogni giorno con strumenti di IA applicati alla produzione editoriale.",
"nl-NL": "Manuel Bosque schrijft bij Softonic over software: desktopprogramma's, productiviteitstools en kleine hulpprogramma's die één probleem echt oplossen. Zijn maatstaf is praktisch — wat een programma werkelijk doet, wat het daarvoor vraagt en voor wie het nuttig is — en daarom wantrouwt hij functielijstjes en test hij liever zelf. Hij maakt deel uit van het team dat bepaalt hoe software op de site wordt behandeld en werkt dagelijks met AI-tools in de redactionele productie.",
"pl-PL": "Manuel Bosque zajmuje się oprogramowaniem w Softonicu: programami na komputer, narzędziami do pracy i niewielkimi aplikacjami, które dobrze rozwiązują jeden problem. Jego kryterium jest praktyczne — co program naprawdę robi, czego wymaga w zamian i komu się przyda — dlatego nie ufa listom funkcji i woli sprawdzić sam. Należy do zespołu, który decyduje, jak pisać o oprogramowaniu w serwisie, i codziennie korzysta z narzędzi AI w produkcji redakcyjnej.",
"pt-BR": "Manuel Bosque cobre software na Softonic: programas para desktop, ferramentas de produtividade e pequenos utilitários que resolvem bem um problema só. Seu critério é prático — o que um programa realmente faz, o que pede em troca e para quem serve — e por isso desconfia de listas de recursos e prefere testar. Faz parte da equipe que define como o software é abordado no site e trabalha diariamente com ferramentas de IA aplicadas à produção editorial."
}
View all posts by Manuel Bosque