Les sollicitations de DC Comics pour Poison Ivy #49 et #50 lèvent déjà un gros doute après Batman: Bad Seeds. Non, Poison Ivy ne va pas mourir. Pamela Isley s’en sortira. En revanche, elle devrait perdre tous ses pouvoirs. Les résumés publiés par DC vont dans ce sens: après plus de 60 ans comme figure intimement liée au monde végétal et au Green, elle redeviendrait une simple mortelle. Si cela se confirme, on tient là l’un des changements les plus marquants opérés récemment dans le catalogue DC.
Sur ce point, les choses semblent assez nettes. Malgré les sous-entendus autour de sa mort pendant le crossover, Pamela Isley sera bien encore là pour Poison Ivy #50, si l’on suit les annonces de DC Comics. Le vrai choc est ailleurs. Le texte de présentation de Poison Ivy #49 parle d’une Pamela Isley « privée de tout son pouvoir ». Celui de Poison Ivy #50 va encore plus loin et la montre coincée dans un « corps mortel totalement ordinaire ». Pour un personnage qui tenait presque de la déesse écologique, le décrochage est brutal.
DC Comics vend d’ailleurs ce virage comme « une nouvelle ère ».
À partir de là, la question change. Le sujet ne sera plus seulement ce que Pamela Isley est capable de faire, mais ce qu’il reste d’elle quand ses capacités ont disparu: scientifique, criminelle, terroriste, reine verte… ou peut-être autre chose. La suite de son histoire se jouera à Arkham Towers. D’après la sollicitation de Poison Ivy #50, Pamela Isley y sera désormais internée comme patiente.
Sans ses pouvoirs, Poison Ivy ne semble plus considérée comme une menace surhumaine. Elle devient, aux yeux du système, une femme vulnérable que des médecins peuvent encadrer et soigner. Batman, lui, devrait la pousser vers une forme de rédemption. L’idée a de quoi intriguer quand on repense au parcours récent du personnage, passé de militante extrême à antagoniste tragique, puis à anti-héroïne.
Ce repositionnement arrive juste après un crossover de grande ampleur. D’après DC Comics, Batman: Bad Seeds s’étale sur 26 numéros, d’août à octobre 2026, tout en se déroulant sur une seule nuit dans la continuité. Le cœur de l’intrigue, c’est l’action de Pamela Isley comme maire de Gotham, avec un objectif radical: transformer la ville entière en jungle préhistorique avant le lever du soleil.
Et au milieu de ce désastre, Vandal Savage occupe une place centrale. Dans son rôle de commissaire de police de Gotham, il soutient un plan fondé sur un herbicide assez toxique pour tuer des milliers de personnes, avec un but simple: évincer Poison Ivy du pouvoir. Detective Comics #1113 précise toutefois qu’elle ne meurt pas à cause de cette attaque.
Le timing de cette évolution a aussi de quoi faire parler. La série de G. Willow Wilson a été remarquée pour la manière plus nuancée dont elle traite Poison Ivy, et le choix de lui retirer ses pouvoirs provoque déjà des réactions très partagées.
Certains lecteurs redoutent de voir une grande méchante féminine perdre justement ce qui la singularise. D’autres, au contraire, y voient enfin l’occasion d’explorer Pamela Isley au-delà de son image d’icône végétale. Et derrière tout ça plane aussi la question de ce que ce changement pourrait produire dans sa relation avec Harley Quinn. Une chose, en tout cas, ne fait guère de doute: DC Comics ne se débarrasse pas de Poison Ivy. L’éditeur tente peut-être quelque chose d’encore plus périlleux, en poussant le personnage dans un territoire inédit: que peut devenir Pamela Isley quand il ne lui reste plus le moindre pouvoir ?