Ce week-end, Resident Evil, la série de films en prises de vues réelles tirée du jeu vidéo de Capcom, est en train de signer le meilleur lancement de toute sa branche live action, d’après les estimations du box-office américain.
Le reboot mis en scène par Zach Cregger a encaissé 8,8 millions de dollars lors des avant-premières du jeudi, puis 26,3 millions sur la seule journée de vendredi. Son premier week-end aux États-Unis est maintenant estimé entre 53 et 55 millions, toujours d’après le box-office américain. Au moment où nous écrivons ces lignes, le démarrage mondial pourrait approcher les 80 millions, là encore sur la base des premières estimations.
Ce qui frappe, c’est l’écart.
Le film est en passe de faire plus que doubler l’ancien record américain de la saga, jusque-là détenu par Resident Evil: Afterlife avec 26,6 millions en 2010, selon le box-office américain.
Plus étonnant encore, le record de la série pour les avant-premières ne tournait qu’autour de 1 million. C’est Resident Evil: The Final Chapter qui l’avait établi en 2016, toujours selon le box-office américain.
Pour une franchise aussi célèbre que cabossée sur grand écran, ce départ a vraiment des airs de changement d’époque.
Les précédents films vivaient surtout sur la puissance du nom Resident Evil et sur le marché international. Ce nouvel épisode, lui, part beaucoup plus vite dès son premier jour aux États-Unis. Le résultat prend encore plus de relief quand on se rappelle l’accueil réservé à Resident Evil: Welcome to Raccoon City en 2021, puis à la série Netflix Resident Evil en 2022, vite devenue l’un des chapitres les moins appréciés de la marque. Ce reboot retourne la situation d’un coup, autant au box-office que du côté de l’image.
Autre chose qu’on voit rarement avec Resident Evil en live action, le film profite aussi d’un accueil critique bien plus solide que d’habitude.
Le nouveau Resident Evil a décroché le label « Certified Fresh » sur Rotten Tomatoes, avec un score monté jusqu’à 96 % dans plusieurs relevés. En parallèle, le public affiche 91 %, toujours selon Rotten Tomatoes. La note B+ sur CinemaScore marque elle aussi un sommet pour la franchise, d’après CinemaScore. Tout ça laisse penser que le pari créatif a tenu bon : plutôt que de recopier mécaniquement un jeu précis, le film semble avoir convaincu en essayant de retrouver ce qu’on ressent en jouant à Resident Evil, avec sa tension, son horreur, son humour noir et ses changements de ton pleinement assumés.
Pour Zach Cregger, c’est aussi une vraie étape.
Après l’élan lancé par Barbarian puis confirmé par Weapons, le cinéaste signe ici son projet le plus coûteux et le plus exposé. Sauf surprise, ce Resident Evil devrait devenir le plus gros succès commercial de sa carrière à ce jour, si l’on suit la trajectoire actuelle du box-office américain. Le film arrive aussi à un bon moment pour le genre : l’horreur continue d’aligner les scores solides cette année, avec plusieurs titres très commentés comme Obsession et Backrooms.
À l’international, les premiers retours vont dans le bon sens. Le film enregistre notamment les meilleurs démarrages de la franchise aux Philippines, tout en partant correctement en Inde, selon les premiers chiffres du box-office.
Il manque encore une partie de l’image, cependant. Plusieurs gros marchés, dont le Japon, n’ont pas livré tous leurs résultats, et les données restent partielles en Amérique latine. Mieux vaut donc garder un peu de recul. Si cette lancée se confirme, Resident Evil pourrait enfin devenir le reboot que Hollywood cherche depuis des années pour relancer proprement la série au cinéma. On vous tiendra au courant.