Roblox est désormais dans le viseur du Congrès américain. Les sénateurs Josh Hawley et Dick Durbin ont ouvert une enquête après de lourdes accusations visant la plateforme : contenus NSFW, grooming et exploitation sexuelle de mineurs. C’est un nouveau coup dur pour le service, qui affirme compter plus de 100 millions d’utilisateurs actifs chaque jour, avec une forte proportion d’enfants de moins de 13 ans, et même certains joueurs âgés d’à peine 5 ans.
Josh Hawley et Dick Durbin ont lancé cette procédure en partant d’un constat très grave : Roblox aurait laissé des utilisateurs détourner ses outils pour échanger des contenus d’abus sexuels sur mineurs, approcher des enfants dans une logique de pédopiégeage et, dans certains cas, les attirer vers des rencontres hors ligne potentiellement dangereuses.
Le dossier est suivi par la sous-commission sur le crime et le contre-terrorisme du Comité judiciaire du Sénat américain, d’après le Comité judiciaire du Sénat lui-même. Ce détail en dit long sur le niveau de pression politique autour de la sécurité des mineurs sur les grandes plateformes numériques.
Pour l’instant, l’enquête n’en est qu’à ses débuts. Roblox a déjà reçu l’ordre de conserver les documents liés à la sécurité des enfants, puis de transmettre des éléments au Sénat d’ici au 31 août 2026, toujours selon le Comité judiciaire du Sénat américain.
Le fait qu’un républicain et un démocrate portent ensemble cette initiative montre bien que le sujet dépasse les clivages habituels et mesure l’ampleur des inquiétudes à Washington. Nous vous tiendrons au courant.
L’un des chiffres qui frappe le plus concerne les signalements envoyés au National Center for Missing & Exploited Children. Roblox a déclaré 65 381 incidents présumés d’exploitation sexuelle d’enfants en 2025 auprès de l’organisme, soit plus du double du total enregistré en 2024, d’après ces mêmes signalements.
À lui seul, ce bond nourrit les critiques sur l’efficacité réelle des garde-fous mis en place par la plateforme. Pour les élus, il ne s’agirait donc pas seulement de cas isolés, mais peut-être du symptôme de problèmes plus profonds dans la modération, la détection et la prévention.
Roblox, de son côté, défend sa politique de sécurité. Son directeur de la sécurité a assuré que l’entreprise était « axée sur la sécurité » et qu’elle ne faisait pas passer le profit avant la protection des utilisateurs.
Ces derniers mois, la société a aussi mis en avant plusieurs changements : des contrôles parentaux renforcés, des outils de vérification de l’âge et des restrictions plus strictes sur le chat pour les plus jeunes. Mais la pression n’est pas retombée. La plateforme fait aussi face à des poursuites engagées par plusieurs États américains et, en mai 2026, des associations de défense de l’enfance ont saisi la Federal Trade Commission (FTC), en accusant Roblox d’avoir présenté ses mesures de sécurité de façon trompeuse.
L’affaire dépasse d’ailleurs le seul cas Roblox. Elle pourrait servir de test grandeur nature pour toute l’industrie du jeu en ligne, et plus largement pour les réseaux sociaux fréquentés par des mineurs.
Si le Congrès estime que les dispositifs actuels ne suffisent pas, ce dossier pourrait accélérer l’arrivée de nouvelles obligations en matière de modération, de contrôle d’âge et de transparence pour les services qui visent un jeune public. Pour Roblox, l’enjeu est désormais double : répondre aux demandes du Sénat, tout en rassurant les parents, les joueurs et les régulateurs sur sa capacité à protéger les enfants qui se trouvent au cœur de son audience.
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