Depuis l’arrêt rendu par la Cour suprême des États-Unis en 2025, qui a déclaré illégaux les droits de douane en question, Sony et Microsoft soutiennent devant les tribunaux américains, comme le montrent les pièces versées aux dossiers, qu’ils n’ont pas à rembourser les joueurs qui ont payé leurs consoles plus cher pendant la période d’application de ces taxes. Leur ligne est simple: les clients ont payé le prix affiché au moment de l’achat et ont bien reçu le produit promis. Les plaignants racontent l’histoire autrement. À leurs yeux, les constructeurs pourraient toucher deux fois, une première fois grâce aux hausses de prix absorbées par les consommateurs, puis une seconde avec les remboursements obtenus ensuite de l’État fédéral.
Ces procédures trouvent leur origine dans la décision de la Cour suprême américaine rendue en 2025, celle qui a jugé illégaux les droits de douane concernés. D’après les documents judiciaires américains, cette décision ouvre la porte à des remboursements pour les entreprises touchées, parmi lesquelles Sony, Microsoft et Nintendo. Des acheteurs ont alors saisi la justice avec une idée assez directe: si les constructeurs ont relevé leurs prix à cause de ces droits de douane, ils devraient rendre aux consommateurs tout ou partie des sommes récupérées plus tard auprès de l’administration américaine.
Les fabricants, eux, rejettent ce raisonnement. Sony soutient, dans les documents judiciaires américains, qu’avoir payé « le juste prix de marché » pour un bien acheté de son plein gré ne suffit pas, en soi, à caractériser un préjudice recevable en droit. Microsoft développe à peu près le même argument. Dans ces mêmes documents, le groupe affirme qu’il n’y a « rien d’injuste » au fait qu’un client paie un prix annoncé et reçoive exactement ce qu’il a acheté.
Le fond de leur défense tient donc au droit des contrats et à la logique commerciale: au moment de passer en caisse, les consommateurs connaissaient le prix final et n’ont pas été trompés dessus. Sony comme Microsoft estiment, dans ces conditions, ne rien devoir aux acheteurs, même s’ils récupèrent aujourd’hui des coûts qu’ils avaient, selon les plaignants, intégrés à leurs tarifs. En face, les recours déposés par les consommateurs parlent de « double-dipping », autrement dit d’un double bénéfice, ou d’un « effet d’aubaine », là encore d’après les documents judiciaires américains.
Le sujet est d’autant plus sensible que les prix des consoles ont bien augmenté en 2025. Sony a relevé le prix de la PlayStation 5 en août, en invoquant un « environnement économique difficile ». Microsoft a fait grimper ceux des Xbox en mai, en citant les « conditions de marché » ainsi que la hausse des coûts de développement. Aucun des deux groupes, toutefois, n’a attribué explicitement ces hausses aux seuls droits de douane. Ceux-ci ont plutôt été présentés comme un facteur parmi d’autres dans un cadre macroéconomique plus large.
Nintendo se retrouve dans une situation comparable. Le groupe défend lui aussi, d’après les documents judiciaires américains, l’idée qu’aucun remboursement n’est dû aux acheteurs de Nintendo Switch qui ont payé plus cher pendant la période visée. Et, à ce stade, un point saute aux yeux: ni Sony, ni Microsoft, ni Nintendo n’ont baissé le prix de leurs consoles.
Sony a pourtant expliqué à ses investisseurs qu’il attendait environ 508 millions de dollars de remboursements de droits de douane aux États-Unis, dont l’essentiel serait lié à l’activité PlayStation. Dans un secteur déjà très critiqué pour ses hausses de prix, une telle position risque d’attiser encore un peu plus la frustration des joueurs. Mieux vaut quand même ne pas aller trop vite. Dans d’autres secteurs, certaines entreprises, comme FedEx ou UPS, ont indiqué qu’elles rembourseraient les clients ayant réellement supporté le coût de ces droits de douane.