Ascension et chute des Funkos : Y a-t-il un avenir pour les figurines qui étaient à la mode il y a 5 ans ?

Un milliard de figurines vendues dans le monde entier. Si tu y penses, c’est un chiffre absolument incroyable : il y a un Funko pour chaque huit personnes dans le monde, et ça ne fait qu’augmenter. Depuis son lancement en 1998, l’entreprise a dévoré les magasins de bandes dessinées à travers le monde, au point qu’il est plus courant de trouver des figurines à grosse tête que des BD dans un magasin spécialisé. Ce n’est pas pour rien : il y a plus de 25 000 figurines différentes de toutes les franchises que tu veux, et ça promet de continuer jusqu’à l’infini à décorer les maisons du monde entier… Si ce n’était pas parce que, clairement, […]

Un milliard de figurines vendues dans le monde entier. Si vous y pensez, c’est un chiffre absolument incroyable : il y a un Funko pour chaque huit personnes dans le monde, et ça ne fait qu’augmenter. Depuis son lancement en 1998, l’entreprise a envahi les magasins de bandes dessinées à travers le monde, au point qu’il est plus courant de trouver des figurines à grosse tête que des BD dans un magasin spécialisé. Ce n’est pas surprenant : il y a plus de 25 000 figurines différentes de toutes les franchises que vous pouvez imaginer, et cela promettait de continuer à décorer les maisons du monde entier… Si ce n’était pas parce qu’ils ont clairement perdu de l’attrait et de la popularité. Et la seule question qui reste à poser est : y a-t-il encore un avenir pour les Funkos ou est-ce la chronique d’une mort annoncée ?

Funko Nons

C’est un cadeau simple, amusant et généralement apprécié : si votre ami est fan de Street Fighter, offrez-lui un Funko de Ken. S’il est fan de Spider-man, un de Miles Morales. Si ce qu’il aime, c’est la lutte, il adorera avoir Hulk Hogan sur son étagère. Ou du moins, ce que vous déduisez être Hulk Hogan : les Funkos ne sont rien d’autre que des figurines à grosse tête avec deux points pour les yeux, et reconnaissables surtout par leurs vêtements. Il faut faire preuve d’imagination, c’est sûr. Les millennials ont été accrochés à leurs chants de sirène, mais à mesure que la Gen Z prend le marché et domine la culture pop, ils perdent de l’intérêt.

Après tout, chaque génération a eu ses poupées particulières, des Playmobil aux Barbie, en passant par les figurines d’action de dessins animés ou les Bratz. Bien sûr que les Funko Pop étaient une mode passagère, mais tellement clairement axée sur le consumérisme effréné qu’il est possible que dans deux décennies, lorsque tout sera passé, on ne s’en souvienne même pas avec suffisamment d’affection pour en faire un film ou avoir un revival. En fait, leurs tentatives de sortir de la ligne de jouets, avec le jeu vidéo Funko Fusion en tête, n’ont pas donné les résultats escomptés, et il y a une raison qui l’explique.

Les gens continuent d’avoir un amour fou pour les franchises sur lesquelles sont basés les Funkos, mais ils n’ont aucun respect pour la marque elle-même, à part quelques cas spécifiques de collectionneurs qui ont investi énormément de temps – et d’argent – pour en avoir autant que possible. Et attention, ce n’est pas juste une opinion : en comparant le deuxième trimestre de 2024 avec celui de 2025, ils ont perdu, mondialement, 193,5 millions de dollars en ventes, soit 22 %. On peut avancer toutes les excuses possibles pour justifier cette nostalgie, mais il est clair que cela a perdu son moment de gloire et commence à descendre la montagne russe.

Une autre possibilité est que les gens continuent à vouloir des Funkos mais, dans leur désir de gagner plus, la marque elle-même ait saturé le marché. Quand il n’y avait qu’une seule figurine de chaque personnage, c’était excitant et amusant. Quand il y a plusieurs versions qui apparaissent de manière périodique, l’excitation se perd et les collectionneurs les achètent avec la même envie que ceux qui pointent le matin au travail : ce n’est pas une question de fanatisme ou d’enthousiasme, mais de simple routine. Et si ces figurines ne veulent pas être, vendues comme un moyen d’imaginer et d’échapper au quotidien gris, c’est la routine.

Si Funko est en train de donner ses derniers soubresauts ou, au contraire, saura se relever de ses dépenses excessives et se réinventer, nous ne pouvons pas encore le savoir. Pour l’instant, il vaut mieux parier sur la première option : quand la rivière gronde, des figurines à grosse tête avec des yeux inertes s’en viennent. Aurons-nous un Brainrot Italien à grande échelle comme prochain zeitgeist culturel ? Ou une nouvelle version de Funko pour une autre génération ? Pour l’instant, il ne reste plus qu’à attendre : le bon côté de vieillir, c’est de savoir que tout va et vient, mais ne se termine jamais vraiment.