Tesla a confirmé, assez discrètement, que les enfants de moins de 13 ans ne pourront pas prendre place dans le futur robotaxi Cybercab, même s’ils voyagent avec un parent. D’après les conditions d’utilisation publiées par la marque, la règle va plus loin que celle appliquée aux robotaxis Tesla basés sur le Model Y, où les passagers de 8 à 17 ans peuvent monter avec un adulte.
Ce n’est pas un détail pour un véhicule que Tesla présente comme une vitrine du transport autonome destiné au grand public.
Pour l’instant, Tesla n’a donné aucune explication précise sur les évaluations de sécurité, les choix de conception ou les contraintes logicielles qui justifieraient cette limite d’âge.
Il faut donc rester prudent.
On suivra les prochaines précisions.
Une chose ressort tout de même de ce que Tesla a déjà indiqué : le Cybercab a été pensé, dès le départ, pour un usage 100 % autonome.
Deux places, pas de volant, pas de pédales : l’architecture du véhicule le sépare nettement du reste de la gamme Tesla, qui garde encore une configuration classique, même avec des fonctions avancées d’assistance ou d’automatisation.
L’explication la plus plausible tient à l’aménagement intérieur. D’après les informations communiquées par Tesla, le Cybercab ne disposerait pas du système d’ancrage LATCH, ce standard utilisé pour fixer de nombreux sièges auto pour enfants.
Tesla ajoute malgré tout que des sièges enfant peuvent être installés avec les ceintures de sécurité.
Dans les faits, l’absence de LATCH ne veut pas dire automatiquement qu’un enfant ne peut pas voyager en sécurité. En revanche, elle peut compliquer l’installation et restreindre certains usages.
Sur un véhicule à deux places, conçu pour pousser l’autonomie au maximum et supprimer les éléments traditionnels, chaque compromis de conception saute forcément davantage aux yeux.
Et le sujet va bien au-delà des seules conditions d’utilisation fixées par Tesla.
Aux États-Unis, la National Highway Traffic Safety Administration, la NHTSA, a déjà annoncé l’ouverture d’un audit sur l’auto-certification du Cybercab afin de vérifier sa conformité aux normes fédérales de sécurité automobile, notamment parce que le véhicule fait l’impasse sur les commandes manuelles habituelles.
Sans volant ni pédales, le Cybercab se retrouve dans une zone réglementaire particulièrement sensible. Les autorités cherchent encore à savoir comment appliquer les règles existantes à un modèle qui n’entre pas vraiment dans les catégories prévues jusqu’ici.
Au-delà du cas Tesla, le transport des mineurs en robotaxi reste un terrain flou.
Des associations de sécurité routière demandent depuis des années que la protection des enfants soit prise en compte dès la conception de ces services, alors même que les règles juridiques et opérationnelles continuent de bouger.
Waymo applique par exemple, selon ses propres règles d’utilisation, un âge minimum généralement fixé à 18 ans pour voyager seul, même si certaines zones prévoient des options pour des adolescents sous la supervision d’un adulte.
Au fond, l’interdiction des moins de 13 ans dans le Cybercab rappelle une chose simple : derrière les promesses de mobilité automatisée, la question la plus basique, qui peut monter à bord et dans quelles conditions, n’a toujours pas de réponse définitive.
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